LA SUISSE

 

COUP D'OEIL GEOPOLITIQUE...

Au coeur de l'Europe, et dans le massif alpin, la Suisse, malgré son territoire exigu, est un assemblage de cultures, de langues et de religions forgées progressivement au cours de sept siècles d'histoire. La Suisse est une Confédération de 23 états (les cantons) dont quatre sont entièrement francophones et trois partiellement.
Berne est la capitale de cette Confédération.

La population comprend six millions et demi d'habitants, répartis territorialement en quatre groupes linguistiques :
- allemand (un dialecte propre à la Suisse) = 74 %
- français = 20 % soit 1.128 000 millions de personnes
- italien = 4 %
- romanche = moins de 1 % (langue latine propre à la Suisse orientale).

De cette population, 17,5 % sont des étrangers (la plus forte proportion européenne). Chaque canton est souverain chez lui dans les domaines qui lui sont propres ; mais les grands domaines publics habituels dépendent du gouvernement fédéral central, situé à Berne la capitale. Cinq agglomérations urbaines ont plus de 200 000 habitants, Zurich et Bâle étant les plus grandes. Parmi elles, deux villes francophones, Genève et Lausanne.

... ET ECONOMIQUE

La Suisse n'a pas de matières premières et son agriculture est limitée aux plaines entre les montagnes. C'est pourquoi la Suisse est restée longtemps un pays pauvre. Du 16ème au 18ème siècle, beaucoup de suisses vivaient du mercenariat dans les armées étrangères. C'est l'industrialisation qui a permis l'essor économique de la Suisse, à quoi il faut ajouter l'apport important du tourisme et, en ce 20ème siècle, le développement des banques, à cause de la stabilité du pays. Cette réputation bancaire fait croire aux étrangers que tous les suisses sont riches... Erreur ! Il est vrai que la Suisse est actuellement au 1er rang mondial pour le niveau de vie, mais plus de la moitié de cette fortune est entre les mains d'un petit pourcentage de gens. Il y a aussi des pauvres en Suisse, à l'échelle européenne tout au moins ! Le taux de chômage, qui était presque nul, est en augmentation depuis quelques années, surtout dans la partie francophone (entre 5 et 7 %).

SITUATION RELIGIEUSE

D'après les statistiques fédérales :
93 % des suisses se déclarent chrétiens (baptisés, confirmés, etc.) avec toutes les ambiguïtés du christianisme nominal ! •5 % se réclament d'autres religions (surtout juive et musulmane) •7 % n'appartiennent à aucune confession.

Catholiques et protestants sont presque à égalité, mais l'apport, depuis la dernière guerre, des étrangers du Sud de l'Europe, a fait pencher la balance du côté catholique. Ce qui donne :

•47 % de catholiques romains (+ 1 % de catholiques chrétiens) •42 % de protestants (en général réformés) •5 % sont évangéliques d'obédiences diverses (en augmentation) à qui il faut ajouter une petite minorité d'orthodoxes (en augmentation). (Dont environ 1,5 % de pentecôtistes).

Mais parmi ces 93 % de gens qui se déclarent chrétiens lors des recensements, 2 sur 3 pensent pouvoir se passer de " l'Eglise " même si tous la considèrent comme nécessaire à l'équilibre et à la bonne marche de la société.

D'après une étude récente, il semble que :
•60 % d'entre eux prient assez régulièrement, et seulement •50 % croient que Dieu s'est fait connaître dans la personne de Jésus-Christ. Mais seulement •23 % des suisses croyants ont une prière familiale •13 % participent régulièrement au culte hebdomadaire, tandis que •7-8 % seulement pratiquent une lecture quotidienne de la Bible...

Pour beaucoup, qui sont en recherche, l'Eglise est un self-service où l'on se sert sans forcément s'engager durablement. On constate assez souvent un passage (limité !) de membres d'églises officielles (cathol. et réf.) vers des églises évangéliques et confessantes (surtout chez les jeunes, mais parfois aussi parmi des gens engagés dans leur église d'origine).
La proportion de Suisses nés de Dieu, vivifiés par l'Esprit doit se situer entre 7 et 25 %.

EN SUISSE ROMANDE

En Suisse Romande (c'est-à-dire francophone), les proportions ne sont pas différentes de celles du reste de la Suisse. Les évangéliques sont en progression, assez lente, mais constante et de plus en plus rapide, surtout parce qu'ils évangélisent davantage et ont mieux su adapter leur style de célébration.
Parmi eux, les Assemblées Evangéliques des Frères sont les plus nombreuses (issues du réveil du début du 19ème siècle), suivies par les diverses dénominations pentecôtisantes réunies en une fédération sur le plan suisse. Ce sont elles qui implantent le plus de nouvelles églises. Puis les diverses églises libres, l'armée du Salut, les Mennonites (ou Anabaptistes) sont aussi bien représentés. Enfin des dénominations plus conservatrices complètent le tableau.

Les institutions sociales et politiques suisses vivent encore d'un certain héritage chrétien, mais la substance spirituelle vivante est en perte de vitesse. Alors que, depuis les années 60, la Suisse connaît une déchristianisation galopante, l'aile confessante et évangélique des églises, quelles qu'elles soient, connaît un renouveau réjouissant ! Mais celui-ci n'influence pas encore notablement la vie publique...

LES PUISSANCES D'OPPOSITION

Au Règne de Dieu semblent être les suivantes :
- Un vernis religieux traditionnel qui, malgré quelques aspects positifs, empêche une majorité de gens de voir leur véritable état, leur besoin du Sauveur, de la conversion et d'une régénération en profondeur !
- Le confort et l'illusion matérialiste qui font que beaucoup se satisfont d'une vie plate et sans piété, sans engagement de foi, au profit du plaisir immédiat (dans le même temps, la Suisse détient le record des suicides en Europe...)
- des pratiques occultes, dont certaines remontent avant la christianisation du pays et dont d'autres sont apparues récemment.
- Une certaine "religion de la nature" tenant lieu de spiritualité, ainsi qu'un penchant pour le syncrétisme, l'ésotérisme et les religions orientales.
- Un individualisme social et le relativisme religieux qui rend suspecte toute personne qui se réfère à un absolu, donc au Dieu de Jésus-Christ et à l'autorité de la Bible.
- Les tendances actuelles opposées : soit vers un conservatisme crispé de l'identité helvétique, soit vers une exaltation idolâtre de la Communauté Européenne.
- Enfin le vieux rationalisme cher aux francophones et qui résiste à la souveraineté de l'Esprit.

En résumé, les principautés actuelles sont :
•Mammon, •la recherche de la sécurité à tout prix, •l'hédonisme, •le relativisme et le syncrétisme, •l'individualisme, •l'occultisme.

Pourtant, il y a un potentiel qui pourrait se réveiller à la faveur d'une crise économique grave, d'une secousse politique importante et d'un plein engagement des églises de tendances évangéliques et pentecôtisantes.

La Suisse a toujours été un carrefour, et en particulier la Suisse Romande qui est le seul terroir francophone ayant connu de longues périodes où les églises issues de la Réforme étaient majoritaires.

On connaît le rôle primordial de Genève, lors de la réforme de Calvin au 16ème siècle et lors du réveil du 19ème siècle ; de Neuchâtel aussi, avec Guillaume Farel, l'associé de Calvin, et des hommes comme l'exégète Frédéric Godet ; de Lausanne aussi avec le réformateur Pierre Viret et, au 19ème siècle, le grand penseur chrétien Alexandre Vinet. Lausanne abrita longtemps le "séminaire Antoine Court", où de jeunes pasteurs huguenots ( = protestants français) venaient se former à l'écart des persécutions des 17ème et 18ème siècles pour repartir ensuite en France. Cette ville fut aussi le siège de nombreuses conférences chrétiennes internationales en notre siècle, en particulier la première conférence sur l'évangélisation mondiale, dite "Lausanne I", les premiers congrès TEMA, etc. De nombreuses organisations chrétiennes missionnaires et caritatives y ont leur siège (Jeunesse En Mission y installa sa première école de disciples par exemple). Le renouveau charismatique a entraîné le réveil de milliers de croyants traditionnels, dans les années 70, et a suscité une multiplication des groupes de maisons, devenus des cellules de base des églises locales.

Un des fruits les meilleurs de ce renouveau, c'est l'unité marquée plus qu'en d'autres régions, au dire des visiteurs, entre les responsables des églises touchées par ce mouvement de l'Esprit. Entre autres, une pastorale romande "transdénominationnelle" existe depuis bientôt 20 ans, regroupant des pasteurs de presque tout l'éventail des églises issues de la Réforme et dans la mouvance charismatique. Des "Actions Communes d'Evangélisation" en plusieurs villes, des célébrations mensuelles communes, des "concerts de louange", des rencontres d'intercession voient aussi ce même éventail de fidèles rassemblés dans l'entente fraternelle pour évangéliser, adorer et servir.

Le contact avec l'Eglise Catholique est plutôt le fait de l'Eglise Réformée, la plupart les églises évangéliques étant réticentes. Mais, comme en beaucoup d'autres pays, l'oecuménisme traditionnel connaît actuellement une période creuse.

Les églises dites multitudinistes et pluralistes (réformées, catholiques, méthodistes) sont plutôt en perte de vitesse, sauf ici ou là, où la Parole de Dieu, rendue vivante par l'Esprit, est le centre réel. Par contre les églises évangéliques et confessantes essaiment et implantent. Certaines sont nées sans ministère professionnel au départ. L'adoration et la louange se sont bien développées ainsi que les ministères de délivrance et de restauration de la personne, la conscience du combat spirituel et de la nécessaire croissance. Mais il reste beaucoup à faire quant à la croissance qualitative et dans les domaines prophétique et apostolique.

Les chrétiens de Suisse Romande ont besoin actuellement de développer davantage leur témoignage et leur impact dans la vie publique, économique, culturelle. Les médias sont passablement fermés, surtout la TV (en dehors des émissions religieuses régulières). Il y a là un sujet d'intercession important. Des groupes de prière se sont constitués au sein d'instances gouvernementales. Des écoles chrétiennes voient le jour ici et là. L'évangélisation des étrangers et réfugiés est en train de se développer. Des hommes, et en particulier des dirigeants d'entreprises connaissent un nouveau degré d'engagement. Il y a certainement un grand "grenier" en Suisse... si la semence veut bien se laisser jeter en terre, la pluie et le soleil du Père ne tarderont pas à faire lever une riche moisson.

SUJETS DE PRIERE

1. Pour que les fausses sécurités, basées sur l'idolâtrie humaniste, l'autosuffisance matérialiste et l'individualisme craquent en faveur d'une soif de la vérité de l'Evangile et du Royaume de Dieu.
2. Pour que les membres et les pasteurs des églises traditionnelles aient une révélation et une expérience puissantes des réalités qui fondent la vie nouvelle (Ac 2:38, He 6:2, etc.).
3. Pour une repentance réelle de toutes les églises et une nouvelle effusion du Saint-Esprit en vue de la plénitude finale.
4. Pour une prise au sérieux par les chrétiens évangéliques des domaines sociaux, culturels et économiques comme lieux d'un témoignage plein d'autorité spirituelle.
5. Pour l'évangélisation des requérants d'asile et immigrés, des jeunes marginaux, des familles disloquées.
6. Pour l'ouverture des médias à l'Evangile, pour des journalistes chrétiens.
Pour la seule TV chrétienne évangélique et francophone "Canal Alpha +" aux prises avec de lourdes charges financières.
7. Pour un enseignement théologique vivifié par l'Esprit, libéré de l'orgueil rationaliste et du snobisme des modes.

J.P. BESSE

Encartage

La Confédération helvétique reconnaît quatre langues nationales. En ce qui concerne le français, quatre cantons (Vaud, Genève, Neuchâtel, Jura) sont officiellement unilingues. Dans les autres, les particuliers qui remplissent un formulaire administratif trilingue (le romanche n'a pas de statut de langue officielle) reçoivent une réponse dans la langue qu'ils ont choisie.

Localisation :

délimitée par la France, la RFA, l'Autriche, le Liechtenstein et l'Italie.

Capitale :
Berne.

Superficie :
41 293 Km2

Population :
6 572 800 habitants.

Langues parlées :
allemand (65%), Français (18%), italien, romanche.

Nombre de francophones :
2 500 000.

Economie :

PIB : 122 500 Fr. /Hab. Part de la France dans le commerce extérieur : 10 à 30 %

Point d'histoire :

Les vingt-trois cantons sont confédérés en une démocratie parlementaire qui maintient une neutralité internationale. Le niveau de vie y est l'un des plus élevés du monde. Genève est le siège européen de l'ONU, dont la Suisse ne fait pas partie. Le canton français du Jura a signé en 1983 avec le Québec un plan de coopération.

Sommets francophones :

observateur à Paris et au Québec, participant à Dakar.

COMMENT LA FRANCOPHOINIE EST-ELLE PERCUE ?

En général, bonne image.
Les Alémaniques dépendent évidemment plus ou moins de l'Allemagne, les Suisses italiens de l'Italie et les Romands de la France, culturellement parlant.
La France est généralement mieux perçue en but que voisine par les Romands, alors que les Alémaniques craignent le poids économique de l'Allemagne et la Suisses italiens se méfie du réseau de corruption présent en Italie.
La conscience francophone existe surtout dans le milieu de la culture. Néanmoins elle reste à développer en Suisse et l'anglais ayant tendance à gagner en importance. Les dirigeants des églises ont développé pas mal de contacts au niveau missionnaire mais en dehors de ce plan-là, la conscience "francophone" est encore peu marquée.

Signes d'espoir pour la Suisse

Les données ci-dessous concernent principalement la partie francophone de la Suisse (dite Suisse Romande), bien qu'elles soient aussi partiellement valables pour l'ensemble de la Suisse, surtout les questions 4 et 5.

1- Les signes d'espoir pour un réveil ou une croissance du Royaume de Dieu.

a) Le stabilité; politique et la sécurité; légendaires de la Suisse sont plutôt en baisse dans le pays et le chômage plutôt en hausse. Ceci conduit beaucoup de gens à s'interroger plus sérieusement sur ce qui est réellement solide et sûr dans l'existence personnelle et collective.
b) Parallèlement, les églises officielles et traditionnelles majoritaires commencent à s'interroger aussi sur les raisons de la désaffection d'une grande majorité; de leurs paroissiens et de l'exode de plusieurs vers les églises évangéliques ; elles sont davantage interpellées que par le passé; sur le mouvement évangélique et charismatique. Ce climat est favorable à une repentance réelle.
c) Des groupes de prière, d'intercession et de combat spirituel, se sont multipliées ces dernières années, en particulier chez les hommes, ce qui est relativement nouveau..
d) l'Esprit souffle sur certains rassemblements, en particulier de jeunes, et sur certaines églises.
e) Les églises évangéliques et en particulier pentecôtisantes ont une vision plus claire que par le passé; et plus conquérante quant à l'implantation églises nouvelles.
f) Les rencontres inter-confessionnellles régionales d'adoration se sont multipliées ces dernières années.

2- Etat des relations entre les hommes de Dieu.

A l'intérieur de la mouvance évangélique, les relations sont plutôt bonnes, pacifiques et même amicales dans bien des cas. Il y a une concertation réelle entre beaucoup de serviteurs, soit pour vivre des temps forts de prières, soit pour coordonner quelque peu le foisonnement des séminaires de toutes sortes. Toutefois, l'aile fondamentaliste conservatrice reste assez en dehors d'une telle concertation par méfiance doctrinale ou par crainte de certaines expériences spirituelles. A l'autre bout, les responsables des églises historiques "multitudinistes" (catholiques et protestantes) n'entretiennent guère de rapport avec les évangéliques ni beaucoup entre catholiques et réformées. Par contre ces églises "officielles" ont, en leur sein, des rencontres pastorales régulières comme en ont les pasteurs évangéliques.

3- Points forts et valeurs de l'Eglise dans le pays.

a) Un climat de relative bonne entente entre églises ; ceci est valable aussi pour les relations entre les oeuvres et mouvements para-ecclésiastiques comme JEM, la LLB, Campus, etc. Et plus spécialement, soit à l'intérieur du type églises libres de professants (évangéliques) soit à l'intérieur des églises officielles multitudinistes (historiques).
b) Une bonne densité; de lieux de formation et de ressourcement (écoles bibliques, séminaires, écoles de disciples, Université; des Nations, lieux de thérapie spirituelles, etc...)
c) Les églises évangéliques de Suisse Romande (AESR, assez nombreuses) ont un bon niveau de culture biblique jointe à une réelle ouverture sociale.
d) Les églises de type pentecôtistes, et certaines autres églises évangéliques s'adaptent assez bien à l'évolution culturelle rapide, sinon des jeunes, du moins des jeunes adultes (style musical, liberté; dans la prière, messages pratiques, etc...)
e) Les églises évangéliques ont bien progressé; dans la communication au niveau des moyens audiovisuels (vidéo, TV, radio, cassettes) et au niveau de la prévention et de l'aide aux jeunes marginalisées. Une prise de conscience grandit pour influencer les faiseurs d'opinions (journalistes, hommes politiques). Les églises historiques ont depuis longtemps des oeuvres sociales souvent de qualité;, mais assez souvent aussi déconnectées de l'annonce de l'Evangile.
Pour le reste, malgré; une évolution qui suscite beaucoup d'espoir, il y aurait pour le moment encore plus de points faibles à relever que de points forts, y compris chez les évangéliques.

4- Défis pour le combat spirituel.

a) Une confiance encore trop grande de la population dans les facilitées qu'offre le siècle présent (pour pécher sans douleur). Cette fausse confiance fait évidemment obstacle à celle de la mettre dans le Seigneur de Vérité;.
b) La domination très générale de l'humanisme relativiste, et amoral sur le plan individuel, véhiculée par les médias, les faiseurs d'opinions et les universités (l'homme autonome est le centre et la mesure de tout, il n'y a pas de vérité; absolue). La conséquence en est une forte tendance au syncrétisme religieux et philosophique (Nouvel Age, etc)
c) Comme partout, la perte de la cohésion familiale et du sens de l'engagement à long terme entre partenaires, au profit d'un "culte" de la jouissance immédiate et individualiste (par exemple, dans la lutte contre le SIDA, on n'encourage pas d'autres protections que le préservatif...)
d) Une arrogance grandissante des pouvoirs économiques, des mégaloentreprises et des banques par rapport au respect envers les populations pauvres.
e) Les facultés de théologie officielles qui impriment aux pasteurs une tournure essentiellement intellectuelle, plutôt que spirituelle. Elles génèrent une perte de confiance dans le témoignage pleinement inspiré; de l'Ecriture aussi bien qu'à l'égard de l'action personnelle directe du Saint-Esprit dans les croyants. Elles sont une cible privilégiée pour l'ennemi.

5- Peuples ou groupes sociaux non atteints.

Au sens géographique, toute la Suisse est atteinte par l'Evangile...ou du moins l'a été; dans les siècles passées ! Par contre, il y a des groupes sociaux qui ne sont pas ou plus touchées et qui sont les plus négligées par les églises :
a) La forte population d'immigrées et requérants d'asile du Tiers-Monde (surtout ceux d'Asie, d'Afrique du Nord et d'Europe de l'Est).
b) Les journalistes, une partie des hommes politiques et de l'enseignement supérieur ne le sont plus vraiment à en juger par la vision du monde qu'ils professent.
c) Une grande partie des jeunes et adolescents ne le sont plus, à considérer les valeurs, le style de vie et la désespérance qui les caractérisent . On pourrait y ajouter les couches sociales les plus pauvres du pays.

6- Moyens d'évangélisation les plus efficaces.

a) Les "petits déjeuners contacts" surtout pour les femmes. Cette formule efficace connaît un vif succès.
b) Les contacts personnels des chrétiens engagées Ave leur entourage professionnel, familial, de voisinage, etc.
c) Les cellules de maisons qui se généralisent et permettent un témoignage convivial.
d) Certains concerts de louange de foules, certaines conventions, le culte de certaines grandes églises. Il est impossible de dire quelle est la proportion des chrétiens qui prennent réellement part à l'évangélisation, mais c'est en tout cas une petite minorité;... Si le potentiel latent pouvait se réveiller, ce serait l'explosion !

7- Les Eglises ont-elles saisi le mandat social en plus du mandat d'évangélisation ?

Les églises historiques l'ont saisi depuis longtemps (pour les protestants, dès la Réforme mais surtout depuis le réveil du 19ème siècle ). Toutefois, ces oeuvres se sont passablement ou complètement "laïcisées" et sont très souvent coupées du mandat d'évangélisation. Beaucoup de ces oeuvres de secours et d'entraide ont passé; sous le contrôle quasi exclusif de l'état ou de comités qui n'ont bien souvent de chrétien que le nom.
Les églises évangéliques libres ont fait une prise de conscience plus récente à cet égard, surtout depuis le congrès de Lausanne en 1974. Des oeuvres caritatives nouvelles (il en existait auparavant) ont vu le jour dans la plupart des dénominations, surtout en rapport avec le problème des drogues, du SIDA, et des réfugiées.
D'autre part, une prise de conscience d'avoir à influencer le monde culturel et politique par les valeurs chrétiennes est en train de se développer rapidement : Forum des Hommes, tel parti politique visant à promouvoir les valeurs bibliques, émergence de radios et même de télévisions chrétiennes, Instituts chrétiens sociale, montée "sur le marché;" d'artistes, de musiciens et de graphistes chrétiens, croissance du nombre écoles chrétiennes et d'éducateurs chrétiens...
Le nombre de gens en passe de devenir peu à peu des experts d ans ces domaines est en croissance ! Pour finir, un certain nombre de chrétiens suisses s'interrogent sur l'identité; chrétienne particulière à la Suisse du fait de ses potentialités historiques : très ancienne confédération d'états très différents à tous égards, statut de neutralité; totale, île de paix pendant les deux guerres mondiales au milieu d'un embrassement général, siège de nombreux organismes internationaux ; et maintenant, confrontée à la question de son adhésion ou non à l'union Européenne...
quel que soit le cas, la Suisse, terre de réforme, a besoin d'un réveil.

Jean-Pierre Besse
Lausanne.