
LE SENEGAL

Situation géopolitique.
Indépendant depuis 1960, le Sénégal avec sa capitale Dakar déjà
ancienne capitale de l'AOF (Afrique Occidentale Française) a été et
reste un pôle de rencontres internationales.
Avec une population de 8.5 millions d'habitants, le Sénégal est une république
gouvernée par un président Son Excellence Abdou Diouf. La vie politique
est régie par une démocratie multipartie. Cependant le pouvoir religieux
détenu par les marabouts influence la vie de la société.
L'économie est caractérisée en majeure partie par l'exportation des
phosphates, par la pêche et le tourisme, par la culture de l'arachide. Le Sénégal
a surtout été influencé par la pénétration forcée de
l'Islam au 11ème siècle, puis par la traite des nègres et enfin la
colonisation française.
l'Eglise.
a) Situation spirituelle de la nation.
Les ennemis invisibles de l'Evangile sont identifiables au Sénégal.
- on peut distinguer un esprit de religion manifeste surtout par l'Islam. Cet esprit
maintient les gens dans un "esclavage". Surtout quand on sait que l'Islam
est arrivé au Sénégal au 11ème siècle et que l'esclavage
a commencé avec les arabes.
- L'esprit de crainte. Au niveau identité, l'individu n'est que dans et par
la société. La famille ou le groupe reste souvent maître des décisions
et de la destinée d'une personne d'où insécurité, crainte et
culpabilité.
- L'esprit d'Orgueil qui se caractérise par le besoin qu'ont les personnes de
se justifier. Un esprit d'orgueil qui provoque souvent une auto-justification et
persistance dans le rejet de la vérité. L'orgueil religieux peut être
vaincu par l'humilité du peuple de Dieu.
- L'impureté et l'immoralité sont également présents. Dans certains
endroits les jeunes filles perdent très tôt leur virginité. L'ennemi
essaye de détruire les notions de respect de soi, de Dieu, de sa création.
- La séduction et la corruption dans le domaine de l'argent.
- L'aveuglement et la pauvreté.
- L'égoïsme et la division : la satisfaction du moi seul, creuse à
chaque fois l'écart entre le pauvre et le riche. On a l'impression d'assister
à un culte de l'intérêt personnel.
- On note la présence d'un esprit de déception, une conscience profonde
d'être rejeté ce qui provoque une rébellion intérieure, un sentiment
de mort et d'échec, une FATALITE rendant Dieu responsable de tout. Un grand
poids d'accusation est jeté sur la nation.
On a souvent considéré le Sénégal comme un pays musulman vu que
le pourcentage est porté à plus de 90% de musulmans. Il faut reconnaître
que l'Islam au Sénégal est syncrétiste, associant les pratiques occultes
aux pratiques islamiques. Ceci dénote le fait suivant : l'importance des racines
traditionnelles autant chez les musulmans que chez les autres groupes religieux.
Au
Sénégal on connaît les esprits territoriaux, on connaît leurs
noms. Chaque région a un esprit protecteur autour duquel existe toute une hiérarchie
jusqu'aux familles que ces esprits sont censés protéger ; qui elles-mêmes
sont des médiatrices. L'Evangile aurait plus de succès si on comprenait
au départ que la personnalité de l'Africain répond à ce mot d'ambivalence
qu'est l'existence de sentiments et de caractère double. L'africain en général
a sa naissance est pris en charge par la société où il vit, par les
rites et cérémonies qui le mettent en rapport avec le monde spirituel.
Dès lors il existe en lui cet "autre" dont quelques fois il ne veut
pas, mais non plus ne peut se débarrasser, ce qui affecterait tout le groupe
d'où ambivalence.
Il y a toute une genèse sociale et spirituelle autour de la personne quand elle
est encore dans le ventre de sa mère. Toute transgression aux lois et à
la tradition entraîne une perturbation psychosomatique. D'où nécessité
de réintégrer l'individu par une séance collective. Au Sénégal
parmi les Wolofs et les Lébous se fait traditionnellement un culte appelé
"ndëp" ou la personne déviante est réintégrée
au groupe par une série de rites et de cérémonies. Après le sacrifice
est fait un rite d'alliance qui consacre la personne, elle devient prêtre de
son raab (esprit de l'Islam). Le rite en le consacrant lui permet de dominer tout
en se soumettant au "raab" auquel il voue un culte.
L'histoire du Sénégal est caractérisée par des alliances tant
au niveau individuel, familial que social. Le temps est maintenant de faire connaître
qu'il il y a uns seul médiateur, Jésus-Christ fait Homme (1Tim.2:5). Jésus
est par cela même le garant d'une alliance plus excellente (Héb.7:22)
b) L'Eglise.
Ce n'est que dans les années 1950 que le message de l'Evangile proprement
dit a commencé à être prêché; l'Islam pouvant se vanter
de 9 siècles d'existence déjà dans le pays. Ce fut un long travail
de labourage d'un terrain rocailleux, de semailles, dans une terre semblant refuser
ses fruits. 15 ans en arrière, il n'y avait en effet encore aucun pasteur protestant
local. Sur des étendues considérables du pays, on ne trouve à ce jour
encore aucun témoignage chrétien et nombreuses sont les ethnies non-atteintes.
De surcroît, le Travail du Seigneur fut longtemps handicapé par un manque
de reconnaissance et de collaboration entre les missions et par une résistance
active à l'enseignement sur l'action surnaturelle du Saint-Esprit. Mais depuis
seulement 5 ans, les choses ont pris une nouvelle tournure : au travers de plusieurs
actions comme "Prière dans la fenêtre 10/40", de nombreux ponts
de prière ont été jetés vers le Sénégal, nation qui
est sujette à l'oubli et même au rejet (plusieurs pays ferment leurs portes
aux ressortissants sénégalais). Ces actions répétées de
prière et de combat spirituel intense ont, d'une part fait des brèches
évidentes et, d'autre part amené progressivement le ministère de réconciliation
et de guérison. En effet, le Sénégal fut dans un passé plus ou
moins lointain le théâtre d'événements humiliants et blessants
qui ont marqué l'âme de ce pays.
Par
exemple, la célèbre île de Goré; distante de 2 km au large de
Dakar, était un des principaux centre de commerce triangulaire (Europe-Afrique-Amérique)
et la proie de toutes les convoitises. Ces sentiments d'avoir été trompé
et violé déterminent encore aujourd'hui le climat spirituel du pays et
la façon de vivre de ses habitants. Ce pays est en crise d'identité depuis
l'indépendance (de 1960 à 1995, l'islam a grandi de 60 à 92 %).
Ainsi cette guérison et réconciliation a commencé au sein même
du peuple de Dieu. Comme dans la vison d'Ezéchiel 37 où les os se sont
rapprochés, la vie commence à venir dans la jeune église sénégalaise.
L'Eglise réalise de plus en plus fort qu'elle est un corps et a maintenant la
volonté de fonctionner ainsi.
Régulièrement les serviteurs de Dieu se réunissent pour prier ensemble
et aussi pour chercher la volonté de Dieu pour la nation ans un climat de respect,
d'humilité, et de foi. Une unité puissante est déjà scellée
au Sénégal. Chacun ressent que le temps de la douleur et de la stérilité
touche à sa fin. L'Eglise, bien qu'immature et sous-équipée prend
conscience de son mandat et commence à regarder l'avenir avec ambition. On constate
aussi les prémices d'une action puissante du Saint-Esprit par le nombre croissant
de sénégalais venant dans les églises autrefois fréquentées
uniquement par les étrangers.
L'Eglise veut s'organiser. Une Conférence Nationale Globale réunissant
tous les pasteurs et missionnaires est planifiée pour 96 en vue d'élaborer
une stratégie pour atteindre le pays en se fixant des objectifs de foi pour
les cinq ans et dix ans à venir, dans les domaines de l'implantation d'églises,
des médias, de la santé, de l'éducation, des campagnes d'évangélisation
en commun, programme de prière, formation, etc...
L'Eglise est réellement en train de s'organiser, mais a encore bien besoin d'un
soutien spirituel constant des frères d'autres pays ainsi que l'apport de ministères
étrangers afin qu'elle devienne autonome pour assurer sa propre croissance.
Ainsi les temps actuels dans l'Eglise sont des temps d'élargissement à
tous les niveaux. L'Eglise a un grand besoin de voir les familles rentrer dans le
royaume de Dieu pour donner une base stable à l'Eglise locale (très peu
de femmes sont converties).
La société.
La présence de l'Evangile se note dans la société surtout au niveau
de l'éducation et de la santé. C'est surtout l'église catholique qui
a réussi en implantant écoles primaires, collèges et dispensaires.
Cette aide est bien acceptée par la population nécessiteuse. Dans ce domaine
si les efforts des évangéliques restent faibles par contre les musulmans
de plus en plus s'investissent.
La constitution du pays est basée sur une laïcité ce qui donne une
liberté à tous les groupes religieux. Ainsi, l'Evangile est prêché
sauf dans certains lieux considérés comme les lieux saints de l'Islam.
Le film Jésus a été projeté déjà dans presque tous
les quartiers de Dakar.
Le reste du pays présente encore d'énormes besoins. Quelques émissions
sont diffusées à la radio et l'accès à la télévision
nationale est sporadique (ex : campagne Billy Graham retransmise en différé,
et le film Jésus à Pâques et à Noël). Le Sénégal
est un pays ouvert, en effet la tolérance religieuse reste encore un point fort
de fierté des groupes religieux majoritaires. Cependant les défis sont
grands.
La Francophonie.
Le Sénégal est membre de l'Agence de Coopération Culturelle et
Technique (ACCT) qui est la principale organisation intergouvernementale de la francophonie.
L'ex-président du Sénégal, M. Léopold Sedar Senghor, parvient
en 1980 à faire adopter un projet de francophonie. Il faudra attendre 6 ans
pour qu'ai lieu le 1er sommet des chefs d'Etats qui officiellement crée la Francophonie
en 1986 à Paris.
La Francophonie est vécue dans l'église par le fait que l'expression surtout
à Dakar est française, on ne peut cependant pas parler d'un débat
ou d'une réflexion autour de la Francophonie. Mais sa raison d'être étant
de favoriser des échanges dynamiques entre les oeuvres chrétiennes, l'église
au Sénégal n'aurait pas de mal à y entrer si elle est tenue informée.
L'enjeu en vaut la peine.
Sujets de prière.
- Pour la croissance de l'Eglise, pour l'émergence de leaders nationaux.
- Pour l'implantation d'églises.
- Pour une unité effective.
- Pour la première consultation nationale globale des serviteurs de Dieu en
96 ayant pour but de définir des objectifs, buts, stratégies pour les années
à venir.
- Pour la paix dans le pays et la liberté dans l'évangélisation.
- Pour le développement d'oeuvres et projets sociaux chrétiens.
- Pour la guérison de la nation.
CONCLUSION.
oi ! elle est assise solitaire, cette ville si peuplée ! Elle est semblable
à une veuve ! Grande entre les nations, souveraine parmi les Etats, Elle est
réduite à la servitude ; Elle pleure durant la nuit, et ses joues sont
couvertes de larmes, De tous ceux qui l'aimaient, nul ne la console, Tous ses amis
lui sont devenus infidèles, Ils sont devenus ses ennemis" . (Lam.1:1-2.)
"Que dois-je te dire ? A quoi te comparer, fille de Jérusalem ? Qui trouver
de semblable à toi et quelle consolation te donner, Vierge, fille de Sion ?
Car ta plaie est grande comme la mer Qui pourra te guérir ?" (Lam.2:13)
Albert Gomes. Directeur du centre JEM Dakar.
|