HAITI

LES ACTES DU SAINT-ESPRIT EN HAITI.


Suivi de "un appel pour Haïti"

1- Situation géopolitique.

Situation :
Dans la mer des Antilles, à moins de deux heures d'avion de la Floride (U.S.A), l'île jouit d'un climat tropical avec une saison sèche de novembre à avril, et une saison humide de m ai à octobre ; elle est relativement bien protégée des cyclones, hormis dans la presqu'île du sud-ouest.

Population :
6 millions pour une superficie de 28 000 km<. La population est noire (métissée) à 95%, descendant des esclaves importés des côtes africaines.
Leurs ancêtres ont remplacé les Indiens dans leurs durs travaux, puis après une longue histoire de colonisation par les Espagnols, les Anglais et les Français, ont acquis leur indépendance en 1804.

Capitale :
Port-au-Prince.

Ressources :
Café, canne à sucre, sisal, mais surtout agriculture de subsistance. Déboisement et érosion ont affaiblis l'agriculture.
Les ressources naturelles minières sont inexploitées.
Secteur de transformation : utilisation de main d'oeuvre locale par des usines appartenant largement à l'étranger (textiles,...).

Langues :
Lle créole a rejoint le français comme langue officielle depuis la constitution votée en 1986 ; le français est appris en classe le plus souvent, une petite minorité le parle en famille.

2- Le climat spirituel.

Les haïtiens sont à 70% ou 80% catholiques, mais le protestantisme a fait de grands progrès depuis les dernières décennies. Il y aurait environ 15% d'évangéliques".

Quelles sont les puissances spirituelles à l'oeuvre ?
Religiosité, syncrétisme et vaudou.
Le peuple est extrêmement religieux, au point de se conformer volontiers à toutes les formes religieuses qui lui sont proposées. Puisque nos premiers ancêtres dans le pays craignaient les indiens, ils firent des compromis pour apaiser leurs dieux, allant jusqu'aux sacrifices d'animaux et d'êtres humains. Ils apprirent d'eux le syncrétisme. Comme les indiens, les haïtiens adorent le soleil, la lune, les étoiles, les arbres, les rivières et d'autres choses créées.
Les Laos ou esprits importés d'Afrique se sont habillés sans broncher des noms des saints catholiques à un moment où la pression de l'Eglise Catholique se faisait trop forte, et les rites se mélangeaient allègrement.

La force du vaudou réside justement dans sa possibilité de s'adapter à beaucoup de formes, même évangéliques, par exemple : les propriétaires de tap-taps (transport en commun) décorent leurs camionnettes d'inscriptions bibliques variées, tout en consacrant leur véhicule à un saint-loa ; il est connu que si vous mettez une Bible sous votre oreiller, vous serez protégés (on peut bien voler une Bible pour cela).
Mais là où le vaudou ne peut plus résister, c'est lorsque les apparences de piété font place à la puissance du Saint-Esprit !
Incrédulité et faux-dieux.
Parmi cette kyrielle de faux dieux, il y en a de plus subtils. Le "Dieu des Blancs" est longtemps resté un étranger, quelqu'un qui a les moyens de pourvoir, mais qui partage mal car il fait du favoritisme.
Il faut dire que les premiers colons ayant réussi à se persuader eux-mêmes que la créature noire n'avait pas d'âme, les haïtiens ont longtemps conservé la croyance d'avoir été créés par un ange et laissés trop longtemps dans le four.
Dieu restait un Dieu lointain et trop occupé pour régler les affaires de notre pays, -voire celles d'un individu, même si on pouvait aller à l'église pour ramasser quelques miettes sous la table...

Domination, rébellion, divisions.
Dès avant l'indépendance, les indiens américains semèrent une graine de rébellion dans le coeur des noirs.
Les commandants français des esclaves, mécontents de la façon dont ils étaient eux-mêmes traités par leurs autorités en France, ajoutèrent à cette semence un peu de graine de révolution. Toutes ces graines portèrent leurs fruits légitimes dans l'histoire violente de l'indépendance haïtienne, acquise en 1804. Depuis lors, l'histoire d'Haïti n'est qu'une longue suite de dictatures, de révoltes, de présidents assassinés ou exilés, d'instabilité politique - les dernières années, depuis le départ de Duvallier en 1986, en sont une illustration .
Jusqu'à aujourd'hui, il est difficile pour les haïtiens d'accepter aucun dirigeant indigène. Il faut dire qu'ils n'ont jamais eu de bergers dignes de ce nom. Pour beaucoup, le mot "démocratie" ne recouvre donc pas d'autres notions que celles d'anarchie. Aujourd'hui chacun fait ce qui lui semble bon, et la violence est reine. A mauvais bergers, mauvaises brebis : jusque dans l'Eglise, l'esprit d'indépendance est responsable de nombreuses divisions inutiles, sous la houlette de dirigeants non qualifiés.

Le dieu-argent.
Le même dieu de l'argent a asservi les colons et les esclaves. Tout comme il existe des "chrétiens de riz" qui se convertissent pour trouver dans l'Eglise des avantages matériels, il existe aussi des "pasteurs-poste" qui attendent leur secours de l'étranger (par la poste) plus que de l'Eternel. Le monde des affaires doit être racheté pour Dieu.

Immoralité.
Elle est courante chez les non-chrétiens avec la pratique du "plaçage" ou concubinage, qui est parfois une forme non officielle de polygamie - un homme entretient plusieurs familles dans des lieux différents.
L'immoralité est encore fréquente chez les chrétiens de nom, et tolérée dans bon nombre d'églises -"on ne peut pas se marier maintenant, faute d'argent", - "je ne peux pas quitter cet homme, car qui prendra soin de mes enfants ?", etc...

Crainte et fatalisme.
C'est la crainte qui gouverne la vie des inconvertis, avec en premier lieu la crainte des mauvais esprits qu'il faut chercher à apaiser. Même lorsqu'on se rend compte qu'ils ne nous veulent que du mal, on les sert encore par crainte.
Il est fréquent que des gens disent vouloir se convertir, mais hésitent ou repoussent indéfiniment par crainte des représailles. Satan aime faire croire aux gens qu'ils lui doivent quelque chose, et doivent s'en acquitter avant de partir : dettes matérielles pour payer le "bokor" ou prêtre vaudou, cérémonie à accomplir envers un mort, vengeance à régler, etc...
La crainte est presque une institution nationale, qui fait par exemple qu'on ferme les écoles dès le moindre bruit de grève ou de troubles dans la rue.
Le fatalisme se retrouve dans les expressions courantes utilisées parfois à propos, mais aussi à tort et à travers : bondié konnin (Dieu le sait), Nou nan min Bondié (nous sommes dans la main de Dieu), si Bondié vlé (Si Dieu le veut), ...
3- L'oeuvre de l'Esprit.
Le vaudou avait connu un essor redoutable en Haïti depuis la guerre de l'Indépendance. Boukman, chef des esclaves révoltés, avait signé un pacte avec les forces sataniques, selon lequel le pays devait être sous le contrôle des esprits du vaudou durant 200 ans, le pacte a expiré le 14 août 1991 et les vaudouisants voulaient le reconduire.
Les chrétiens évangéliques réunis en divers endroits du pays ont pris le contre-pied par la prière. Les cérémonies vaudou d'un bout à l'autre du pays ont trouvé la mort d'une manière miraculeuse. Les chrétiens ont consacré leur pays au Dieu des cieux. Satan n'est plus leur "grand frère", mais Jésus- Christ est celui qui règne.

Un début d'unité se fait jour entre les chrétiens, qui se sont mis d'accord pour une journée nationale de jeûne et de prière en mai 1993.
Des leaders chrétiens ont également planifié une série de conférences pour se situer quant aux principaux domaines de la vie sociale de la nouvelle Haïti : monde des affaires, éducation, santé, agriculture...
Pour beaucoup de pasteurs et autres responsables, il y a eu une prise de conscience que les choses peuvent changer.

Voici les points forts que le Seigneur a révélés lors de ces conférences.
Notre Dieu est le Dieu de toute la terre, pas un Dieu hérité d'une autre culture : Dieu est notre Dieu, Dieu est Dieu en Haïti.
C'est l'Eglise qui est vraiment la "mère de toutes les institutions". L'Eglise éduque, soit de manière formelle par les écoles, puisque le secteur public couvre à peine 20% des besoins, soit de manière informelle par l'alphabétisation ou par diverses réunions.
L'Eglise prépare à la vie civique en formant des hommes et des femmes qui apprennent à vivre ensemble, à faire face à leurs différences, à gérer leur communauté locale. L'Eglise donne aussi une formation universitaire : dans plusieurs régions du pays on voit naître des établissements d'enseignement supérieur qui se disent chrétiens.
C'est l'Eglise qui est en train de former cette génération pour Christ ...
Un groupe de responsables spirituels a signé une demande officielle pour changer le nom de Savane Désolée en celui de Savane de l'espoir : nous ne voulons plus du fatalisme !

4- Comment l'Eglise se développe-t-elle ?

L'Evangile s'est vraiment introduit dans le pays au début de ce siècle, "à l'ombre de l'occupation américaine" comme certains ne manquent pas de le rappeler. Il a touché en priorité les classes défavorisées de la population, ceux qui n'avaient plus rien à perdre. Jusqu'à aujourd'hui on peut trouver des pasteurs qui ne savent pas lire ; il est vrai que leur nombre diminue, mais le besoin de formation reste grand.

Cependant une nouvelle vague de serviteurs de Dieu discerne les enjeux spirituels dans le pays et a pris à coeur de former maintenant une "génération pour Christ" qui entrera dans le pays promis (la génération Josué !)
Des Eglises se trouvent à tous les coins de rue dans les villes, et pullulent dans les campagnes, souvent tout juste abritées sous une tonnelle.
Les statistiques restent encore à établir !

6- La société.

Dans la société, l'Evangile n'est pas inconnu, il est au contraire largement connu et diffusé en toute liberté, sur les ondes et dans la rue, et il est même plutôt bien vu. Mais la connaissance ne change pas : beaucoup connaissent la vérité sans vouloir s'y conformer ! Les autorités savent qu'il leur faut compter avec les églises, et en particulier avec les protestants.

7- Les sujets de prière pour le pays.

•réconciliation avec le passé. •unité spirituelle, unité entre les classes de la société, que les plus favorisés entrent dans le combat spirituel, que les plus défavorisés apprennent à compter sur le Seigneur et à voir ses réponses. •réveil spirituel et retour des éxilés : la "diaspora" haïtienne à l'étranger représente au moins 1 million de personnes, et ce sont souvent les plus instruits. •un coeur de Berger pour un gouvernement stable. •le renversement des puissances spirituelles telles que racisme, haine, complexes, amour de l'argent, crainte, violence, fatalisme, superstition,...

Un appel pour Haïti

Lorsqu'un esprit mauvais est sorti d'un homme, ... il s'en va prendre sept autres esprits encore plus mauvais". (Luc 11:24-26) C'est pourquoi c'est bien maintenant, alors que le champ est libre, qu'il faut investir tous les domaines de la société en Haïti ! La moisson est grande et elle demande des ouvriers dans toutes les branches et pour toutes les durées. La condition est de former d'autres personnes, et cela peut se faire à tous les niveaux: on peut imaginer que des adolescents français donnent des cours de français très simples à des enfants haïtiens pendant deux ou trois semaines des vacances d'été. Pourquoi pas?
Et à plus forte raison, si vous possédez des connaissances spécifiques et que vous vouliez les partager, tout en vivant une expérience interculturelle inoubliable et en ayant un aperçu de la vie missionnaire. Pensez à tout cela en lisant les lignes suivantes, vous verrez comme cette énumération deviendra passionnante !

1- Eglise.

Une école biblique commence dans le beau village de montagne de Bayonnais, pour des pasteurs et des responsables d'assemblées locales. Leur niveau de base est très bas au point de vue connaissances générales et bibliques, mais leurs esprits sont bien disposés, ils sont avides de connaître et vous feront partager leur enthousiasme pour leur Sauveur...

2- Education.

Pendant la période scolaire : de la maternelle à l'université.
De juillet à septembre : formation des maîtres, avec ici aussi : grands besoins, avidité d'apprendre, liberté de communiquer les principes bibliques d'éducation, etc...
Autre suggestion pour les vacances : stages linguistiques (français, anglais, espagnol) à l'intention des enfants, ados jeunes, adultes, la journée ou en cours du soir... Toutes les formules sont possibles.
Nouvelles de l'Université Chrétienne d'Haïti (UCH) : la promotion 1992 arrive en fin d'études. Les étudiants de Gestion-Administration accomplissent leur stage dans différents secteurs de la mission, quel événement!
Nous allons prendre une nouvelle option en octobre 96, avec les facultés suivantes :
- Ecole normale d'instituteurs (primaire et préscolaire)
- Faculté de Théologie
- Faculté des Sciences Economiques et du Développement Intégré
- Faculté de Droit
- Faculté des Sciences paramédicales (écoles d'infirmières)
- Faculté des Beaux-arts : Musique et Théâtre.

Pour chacune de ces branches nous avons besoin de ressources humaines : enseignants francophones, même pour un séjour de quelques semaines, ressources matérielles : livres même usagés, matériel scolaire, etc...
J'aimerais aussi faire l'acquisition d'un système vidéo PAL SECAM pour pouvoir montrer aux étudiants (et aux autres) des vidéos en français. Le seul système que nous avons jusqu'à maintenant à la mission est un système américain (NTSC) incompatible avec les vidéos vendues couramment en France.

3- Santé

. Milo John est le tout nouvel administrateur de l'hôpital dans le cadre de son stage de l'UCH. Les consultations continuent, j'y suis trois jours par semaine et avec les autres activités il me reste trop peu de temps pour les "Jeunes chrétiens pour la santé" (JCPS). Une bonne dizaine d'entre eux persévèrent depuis plus d'un an et demi; et se rendent utiles durant les "cliniques mobiles" qui ont visité neuf petites localités des environ depuis septembre dernier.
Besoin de formateurs pour les JCPS (en tout temps), besoin d'une infirmière expérimentée pour le fonctionnement de l'hôpital et l'ouverture de l'école d'infirmières, besoin de livres pour cette école.

4- Economie.

Ne partez pas si vite, ça comprend beaucoup plus de choses que vous ne le pensez, à commencer par l'agriculture (comme se plaît à répéter mon père depuis 50 ans : "Quel est le but de l'agriculture? le gain!" Donc mettez sous "Economie": tous les secteurs de production, agricole, artisanale, imprimerie,...le commerce.
Et vous ajoutez toujours la formation: Ecole de commerce Ephraïm, faculté de Sciences économiques à l'UCH, et les coopératives qui ont besoin d'animateurs.

5- Art.

Musique: le solfège est déjà largement enseigné à Eben Ezer, en plus avec une méthode de "gamme mobile" et si je me souviens bien, en tout cas différente de la nôtre. En revanche, ce qui pourrait être développé, c'est l'aspect spirituel de la musique, la louange, etc... ainsi que des choses plus spécifiques, direction de chorale ou autre.
En peinture il y a eu jusqu'à présent les petits tableaux naïfs en artisanat. Recherche de débouchés pour ressusciter l'artisanat. Le théâtre doit être une section de la faculté des beaux-arts ; on recrute...

6- Droit

. Une commission juridique apporte une aide juridique aux détenus démunis, tandis que d'autres formes d'aide sociale doivent accompagner ces derniers. Pour aider l'équipe juridique à l'oeuvre, cherchons dons de livres, organisation de séminaires,...

Claire Chappuis.
Mission Eben Ezer
GCC C/O MFI
P.O Box 15665
West Palm Beach -
FL 33416, USA.