LE CONGO


1. Situation géopolitique

1.1 Le pays


Avec une superficie de 342 000 km2 (dont les 3/5 sont occupés par la forêt), le Congo est l’un des plus petits états de l’Afrique Centrale. Son territoire s’étend de part et d’autre de l’Equateur, à cheval sur les deux hémisphères. Il est limité :

Au nord par le Cameroun et la République Centrafricaine, A l’est par le fleuve Congo et son affluent, l’Oubangui, qui le sépare du Zaïre, Au sud par le Zaïre et le Cabinda, Au sud-ouest par l’Océan Atlantique, A l’Ouest par le Gabon.

Le relief est formé essentiellement de zones de plaines, de collines, de plateaux et de montagnes d’altitude moyenne. Le réseau hydrographique est important. Le Congo est le deuxième fleuve le plus puissant du monde après l’Amazone (Amérique du Sud). Son débit est de 44 000 m3/s et sa longueur de 4 700 km. Le Congo jouit d’un climat équatorial au nord où il pleut presque toute l’année, d’un climat tropical humide dans le sud-ouest (environ huit mois de pluies) et d’un climat sub-équatorial intermédiaire entre les deux précédents dans les régions du centre.

1.2 Le peuple


La population congolaise, constituée en majorité de jeunes, est estimée à plus de 2 millions d’habitants inégalement répartis sur le territoire national. Près de la moitié de la population se concentre dans les grandes agglomérations urbaines (Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Nkayi). Le Congo présente une diversité très grande. On dénombre 15 groupes ethniques dont quatre principaux : Kongo (45 %), Téké (20 %), M’Bochi (16 %), M’Béti (15 %). Près de 97 % de la population congolaise est d’origine bantou. Le français est la langue officielle. Deux langues nationales sont couramment utilisées : le lingala (surtout dans le nord) et le munukutuba (dans le sud). Brazzaville, capitale politique du Congo, compte plus de 300 000 habitants tandis que Pointe-Noire, seconde ville et port maritime, en dénombre plus de 100 000.

1.3 Les ressources


Le pétrole et le bois constituent les principales ressources de l’économie congolaise. L’agriculture est pour l’essentiel d’autosubsistance. On y cultive le manioc, les ignames, le taro, l’arachide, les légumes, le maïs, etc. Il existe aussi une agriculture industrielle, notamment le cacao, le café, le tabac et le riz. Le secteur industriel est en perte de vitesse depuis plus d’une décennie environ.

1.4 Quelques caractéristiques

1.4.1 Brazzaville


Avec son port fluvial, cette ville a été : - La capitale de l’Afrique Equatoriale Française. - La capitale de la France libre. - Un centre intellectuel qui a formé un grand nombre de cadres des états de la sous-région. - La voie de déserte de l’AEF assurant entre autres le transport du coton du Tchad, du bois de la République Centrafricaine (RCA) et du Gabon, du manganèse gabonais, etc....

1.4.2 Education


Le taux de scolarisation avoisine 100 %. Le Congo a été primé trois fois (1970, 1975, 1980) par l’UNESCO pour la lutte contre l’analphabétisme. L’état, ne pouvant plus actuellement faire face seul à tous les problèmes de l’éducation, a libéralisé l’enseignement, d’où la prolifération des écoles privées.

1.4.3 Communication


Les moyens de communication sont très précaires. Le mauvais état des routes fait de la partie nord du pays une zone semi-enclavée. Les échanges par voie aérienne sont très faibles.

1.4.4 Agriculture


L’agriculture est encore archaïque (à la houe). Le pays dépend de l’extérieur pour une grande partie de son alimentation alors que * des terres sont cultivables et que seulement * est exploité !

2. L’Eglise

2.1 Le climat spirituel


Le christianisme a été introduit vers la fin du XV ième siècle par les missionnaires catholiques portugais. Mais il n’était qu’une religion de pure façade puisque les autochtones demeuraient attachés au fétichisme et au culte des ancêtres. Ce qui fait que jusque dans les années 70, un grand nombre de chrétiens ne l’était que de nom. Depuis une décennie, on voit apparaître, avec les églises de réveil, une génération de chrétiens sortis pour la plupart des églises traditionnelles (catholiques, protestantes, salutistes) et témoignant Christ dans leur vie quotidienne sous la puissance du Saint-Esprit. Toutefois, on note une forte influence des traditions et coutumes (même parmi certains chrétiens), de l’esprit de religion, de l’occultisme, des sectes. La crise socio-économique qui frappe le pays a entraîné la prolifération des loteries et jeux de hasard, exposant ainsi la population à l’appât du gain.

2.2 Evangélisation


C’est à partir des années 50 que commencent les premières missions d’évangélisation avec les Suédois, entraînant un certain réveil. A partir de 1963 cependant, le socialisme et le communisme deviennent l’idéologie dominante avec la montée des révolutionnaires. La religion en général est présentée comme « l’opium du peuple ». L’effondrement du bloc de l’est va ouvrir une brèche importante pour la diffusion de l’évangile. Les réunions de prière se tiennent publiquement dans les quartiers. Le Saint-Esprit se manifeste puissamment : les conversions sont nombreuses, les malades sont guéris et les démons sont chassés au nom de Jésus-Christ. Les campagnes d’évangélisation se succèdent les unes après les autres. Elles sont animées par des serviteurs de Dieu tant nationaux qu’étrangers (Zaïrois, Américains et Européens). Des milliers de personnes expérimentent aujourd’hui la vie nouvelle en Christ.

2.3 Croissance de l’Eglise


Depuis quatre ans, on remarque une soif intense de la Parole de Dieu. Les églises connaissent une croissance numérique. Celle-ci est plus remarquable au sein des églises de réveil, à cause : - Du témoignage personnel de chaque chrétien. Lorsque ce dernier a expérimenté la guérison et la délivrance du Seigneur, il devient un gagneur d’âmes à la manière de la femme samaritaine. Il n’hésite plus à partager sa foi à l’école, à l’université, dans les quartiers et les foyers. - Des activités spirituelles organisées par ces dernières : prière pour les malades, délivrance des possessions et liens de tous genres, évangélisation dans les lieux publics, cellules de prière dans les quartiers.

2.4 Formation et édification


Le pays ne possédant pas d'école biblique, les églises du plein évangile s'attellent à faire des disciples et non des convertis comme l’a ordonné Christ dans Matthieu 28.19-20. La tâche est immense à cause du rythme de croissance et les serviteurs font défaut. Les séminaires de formation et d’édification organisés par une dénomination ou par un groupe de communautés contribuent à assurer la croissance spirituelle des nouveaux nés.

2.5 Vers l’unité des Eglises de réveil


Depuis une année, il se ressent le besoin, surtout pour toutes les Eglises de réveil, de travailler ensemble pour le salut des âmes. On note un début net de communion entre serviteurs de Dieu locaux. Cette communion permettra à ces derniers d’unir leur armée pour le combat contre les princes des ténèbres qui suscitent l’esprit de tribalisme et de régionalisme, responsable des récents événements sanglants qu’à connu le pays.

3. La société

3.1 Une Visitation de Dieu


Une invasion de chrétiens est observée dans toutes les sphères de la vie sociale. Les disciples de Christ se comptent parmi les militaires, les hommes de distinction, les étudiants. Le Congo connaît une visitation de Dieu. La Bible est à l’usine, au bureau, dans les sacs des écoliers. Les féticheurs et les diseurs de bonne aventure ont perdu une grande partie de leur clientèle. Certaines pratiques coutumières observées à l’occasion des veillées mortuaires, des naissances de jumeaux, sont de plus en plus abandonnées. Les « 2ème bureau », c’est-à-dire les maîtresses, se convertissent à Jésus, abandonnant ainsi l’adultère. Il faut reconnaître qu’un grand travail reste à faire pour amener les gens à aimer l’effort au détriment de la facilité et c’est dans ce domaine précis que les chrétiens sont de plus en plus interpellés.

3.2 L’attitude des autorités


De plus en plus, l’état recourt à l’église pour trouver la solution aux nombreux problèmes que connaît le pays. Les autorités politiques ont pris conscience que l’homme ne vit pas seulement de pain mais aussi de la Parole qui sort de la bouche de Dieu. Les discours, aussi beaux qu’ils soient, ne changent pas le coeur. Dans les médias, les émissions religieuses, hier bannies à la radio et à la télévision, ont repris. Les jours de fête chrétienne sont honorés. Mais cette liberté retrouvée sur le plan religieux a permis malheureusement l’arrivée des sectes pernicieuses telles que les Mormons. Aussi, l’église locale se doit d’affermir son troupeau contre les loups ravisseurs.

4. La Francophonie


La Francophonie est bien perçue dans notre pays. La preuve, c’est l’existence d’un Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération chargé de la Francophonie. D’une manière générale, le Congo prend part à tous les sommets francophones qui se tiennent tant en France qu’en Afrique. Sur le plan spirituel, la communion est forte avec les églises francophones d’Afrique et d’Europe. Des associations chrétiennes telles le groupe biblique et universitaire d’Afrique francophone sont connues ici. Dans le cadre de COEF 5, plusieurs responsables d’églises, quelques personnalités, ont pris part dernièrement à la première conférence francophone à Bordeaux puis à celle de Yamoussoukro.

5. Sujets de prière

5.1 Au niveau de l’église


- Que la collaboration qui a commencé entre divers serviteurs de Dieu locaux puisse s’affermir afin que la récolte de la moisson déjà mûre se fasse plus efficacement. - Que des écoles de formation biblique s’implantent et que de nombreux ouvriers soient formés. - Que Dieu suscite des partenaires pour le soutien financier et spirituel des différentes missions d’évangélisation à l’intérieur du pays. - Que la foi de beaucoup de chrétiens ne défaille pas avec les effets pervers de la crise socio- économique et de la dévaluation.

5.2 Au niveau social et politique


- Que les autorités du pays abandonnent les faux dieux et se tournent vers Jésus-Christ, seul Seigneur et Sauveur. - Que la paix assez fragile se consolide. - Que les coeurs meurtris par les luttes fratricides et les pillages de ces derniers temps soient guéris.