LA REPUBLIQUE
CENTRAFRICAINE


I - LE PAYS.

1- PRESENTATION

La république Centrafricaine est un pays entièrement continental dans l'hémisphère Nord. Elle est comprise entre le 14°20' et 27°25' et entre 2°16' et 11°20' Nord.
Elle est dite enclavée car n'ayant pas d'ouverture sur la mer, qui est au plus proche à 500 Kms à l'Ouest, 2200 Kms à l'Est, 3500 Kms au Sud, 2300 Kms au Nord.

Ses pays limitrophes sont :
•à l'Est : Le Soudan. •à l'Ouest : le Cameroun •au Nord : Le Tchad. •au Sud : Le Zaïre et le Congo.

Le pays est situé au coeur du continent africain ; aux confins de la zone équatoriale (5° Nord) et appartient à la zone intertropicale chaude à deux saisons (sèche et pluvieuse). L'ensemble tient sur une superficie de 623.000 Km<.

2- LE PEUPLE.

Le recensement de 1984 donne une population de 3.200.000 habitants dont la majorité est constituée de jeunes (moins de 20 ans, pour plus de la moitié). La densité moyenne varie de 5 à 10 habitants/km< selon les régions. Le taux de natalité est de 50% et celui de mortalité est de 25% accentué par une assez forte mortalité infantile. L'accroissement naturel est donc de 25%.

La population est composée de vastes ensembles régionaux plus ou moins apparentés les uns aux autres .
La langue nationale, le Sango unit l'ensemble. Elle est parlée d'un bout à l'autre du pays. Certaines ethnies ne sont pas touchées par l'Evangile.
Politiquement, le pays est divisé en 16 Préfectures et une soixantaine de Sous-Préfectures. Bangui situé sur les bords de l'Oubangui, est la capitale qui centralise le pouvoir politique. Elle compte plus de 300.000 habitants.

3- LES RESSOURCES DU PAYS.

L'agriculture est pratiquée par les 3/4 de la population. Il s'agit à la fois d'une agriculture d'auto- subsistance et d'une agriculture moderne ou industrielle (café, tabac, coton et roselle).
L'élevage est la spécialité des Peulles M'Bororo.
La chasse, la pêche et le tourisme constituent l'une des ressources du pays.
Grâce à ses immenses richesses du sous-sol, à ses grandes forêts aux espèces variées ainsi qu'à ses sources d'énergie (hydrolique - pétrole) la République Centrafricaine est pourtant un pays aux grandes possibilités économiques.
Elle compte parmi les richesses du sous-sol, le diamant, l'or, l'uranium, le fer, le cuivre, le calcaire. Le bois est vendu brut ou scié. La plupart des industries situées à Bangui sont textiles et alimentaires.

RELATIONS EXTERIEURES.

Le commerce extérieur (import-export) est le poumon du pays. Il réalise l'essentiel de ses échanges (11% ) avec les pays de l'UDEAC (Union Douanière et Economique de l'Afrique Centrale) mais surtout avec les pays membres de la C.E.E. (60%) (Communauté Economique Européenne) dont principalement la France.

LES CARACTERISTIQUES.

La République Centrafricaine est un pays humide et chaud à deux saisons qui règlent sa vie économique. Elle est sous-développée et cela a plusieurs causes :

a) l'enclavement : Le pays n'a pas d'ouverture sur la mer et cela joue énormément dans ses échanges.
La voie routière par le Cameroun et la voie fluviale par le Congo sont les deux principales voies auxquelles le pays attache beaucoup d'importance. Un effort considérable est déployé par le gouvernement pour l'entretien et l'amélioration des routes. La voie navigable souffre de rupture en saison sèche. Les échanges par voie aérienne sont très limités.
b) l'analphabétisation : présente encore un taux élevé bien que l'école soit rendue obligatoire. C'est un handicap pour l'évangélisation du pays par la littérature, les traités, les films importés en langue française.
c) le manque de cadres : la plupart des techniciens viennent de l'étranger. A la veille de l' indépendance le pays s'est beaucoup penché sur la vie politique (1960) . Aujourd'hui il prend conscience qu'il lui faut des cadres et cela se prépare. Le pays veut adapter l'enseignement aux besoins du pays.
d) l'agriculture : Elle est encore très archaïque (à la houe) ; cependant il existe quelques zones où elle est attelée et des centres où elle est mécanisée. Elle ne peut produire en masse. Les produits centrafricains sont très concurrencés par les produits étrangers, mais souvent de meilleure qualité.

II - LE CLIMAT SPIRITUEL

La République Centrafricaine est un pays profondément croyant mais il s'agit de croyances de toutes sortes.
S'il est vrai qu'une grande partie de la population croit en Dieu, nombreux sont égalemment ceux qui croient aux puissances sataniques (occultisme, fétichisme, esprit des ancêtres, divinités).

Le degré de réceptivité à l'Evangile est très positif. Cependant une résistance persiste quand à l'application de la Parole de Dieu dans la vie des croyants. Donc, il y a un manque de consécration et de piété. Cela est dû aux premières formes d'évangélisation faites par les religions qui se sont installées les premières (catholicisme) qui avaient toléré les pratiques traditionnelles (coutumes- fétichisme- occultisme).

Aujourd'hui, on constate aussi une montée de l'islam dans le pays, favorisée surtout par la crise économique qui place la population dans une pauvreté profonde, l'exposant aux tentations, surtout l'appât du gain que représente la richesse des musulmans, dominant l'économie du pays.
On peut citer comme princes spirituels qui influencent : les démons de fétichisme et sorcellerie, les puissances de Rose-Croix, l'esprit de l'Islam, les démons de pauvreté et d'analphabétisation.

III - EVANGELISATION.

L'évangélisation, la prière et l'oeuvre de l'Esprit ont déclenché une offensive ou ont fait des brêches pour le Royaume de Dieu.

Depuis une dizaine d'années on assiste à un réveil spirituel en République Centrafricaine car l'oeuvre d'évangélisation s'est développée de façon très remarquable. Aussi le Corps de Christ s'est aggrandi par la multiplication des églises du Plein Evangile. Parallèlement, la lecture de la Bible s'est développée. Il n'est pas rare aussi de voir la Bible dans les bureaux de l'administration ou d'entendre des responsables politiques citer la Bible dans leurs discours.


L'évangélisation est reprise sous toutes ses formes (croisades, porte-à-porte, tracts, radio) par les différentes congrégations religieuses dans le pays. Et les conversions se comptent chaque jour par dizaines dans tous les milieux sociaux (places publiques, établissements scolaires, prisons, centres de santé).
Des cellules de prière sont créées partout et il n'est pas rare qu'une dénomination religieuse réussisse à organiser à l'échelle nationale une journée de jeûne et prière.

IV - COMMENT L'EGLISE SE DEVELOPPE-T-ELLE ?

Le développement des Eglises en Centrafrique repose sur la base du témoignage individuel et aussi des campagnes d'évangélisation organisées par les églises en place. En effet, le témoignage personnel s'est avéré d'une grande efficacité pour la croissance des églises.

1- Place des cellules de prière :

Nous avons compris l'importance des cellules de prière pour la vie de l'assemblée. Le témoignage d'un homme sauvé peut amener au salut sa propre famille ou son entourage. Ils constituent une petite cellule et rendent régulièrement un culte au Seigneur. La cellule grossit à mesure que ses membres témoignent à leur tour. L'église locale se trouve ainsi partagée en plusieurs cellules de prière, selon les quartiers. Ces petites familles spirituelles constituent le moteur de la vie de l'église.

2- Implantation des églises locales : plusieurs méthodes.

•Par une campagne d'évangélisation : dans un quartier ou un village qui non encore évangélisé, un groupe de chrétiens va travailler pendant quelques jours. Selon le terrain, il peut y laisser une église ou une cellule de prière. Dans tous les cas, il leur affecte un membre mûr du groupe pour les suivre. •Par un regroupement de plusieurs cellules : il y a un phénomène particulier chez nous, c'est que nous nous efforçons d'ouvrir dans chaque quartier une église. Ceci dans le souci d'éviter aux gens de parcourrir de longues distances (le plus souvent à pied) pour se rendre au lieu du culte.
Contrairement à la vision d'une seule et grande église renfermant des millions de membres, le Seigneur nous a plutôt donné la vision d'une famille d'églises locales plus ou moins grandes selon l'importance du lieu d'implantation, (allant de 50 à 700 membres chacune).
Une ou deux fois dans l'année toutes ces églises se retrouvent ensemble pour rendre un culte en commun à l'Eternel, attester leur communion et constater également leur croissance. •Par l'intermédiaire des fonctionnaires chrétiens : nous avons enregistré la naissance de beaucoup d'églises dans les zones rurales les plus reculées de Bangui ou des grands axes routiers, par la présence des membres de nos églises des grandes villes, qui sont des fonctionnaires et qui y sont affectés.

3- Qualité spirituelle :

Il ne suffit pas seulement de faire des convertis mais surtout des disciples qui ont appris à tout remettre sous la seigneurie de Jésus-Christ. A ce point, le travail avance plus ou moins rapidement. Les enseignements de base sont dispensés. L'église locale ou l'ensemble des églises organise périodiquement et selon les besoin des séminaires de formation et d'édification pour amener les membres à la maturité spirituelle et maintenir une atmosphère d'éveil spirituel dans les églises.
Des séminaires régionaux (car le pays est découpé en régions d'évangélisation) de formation et de perfectionnement , à thèmes variés, sont tenus régulièrement à l'intention des responsables spirituels. Les responsables et les laïcs peuvent se former dans les centres d'enseignement décentralisés ou au collège biblique.
Pourquoi des assemblées de taille plus ou moins grande ? Tout simplement pour permettre aux bergers de mieux suivre les membres, les connaître et éviter que le péché ne s'installe dans l'assemblée.

V - LES POINTS FORTS QUE LE SEIGNEUR SOULIGNE ET MET EN RELIEF

Hormis les points particuliers liés à la vision de la conquête, à savoir l'implantation des églises dans chaque localité (Villages, villes, zones reculées non-atteintes) nous avons, d'une manière générale, ressenti un fort besoin de rapprochement entre les différentes dénominations pour coopérer ensemble. Et cela depuis l'année dernière ; le Seigneur semble mettre l'accent sur l'unité du Corps de Christ et nous avons déjà eu à nous rassembler à plusieurs reprises pour rendre un culte au Seigneur.
Un autre point saillant est le combat spirituel contre les forces des ténèbres agissant dans les sectes particulières telles que Rose-Croix, Franc-maçonnerie et autres...
Un défi a été lancé par ces sectes à l'église du Seigneur mais nous nous réjouissons d'avance car : "Celui qui siège dans les cieux rit, le Seigneur se moque de ses ennemis".

VI - LA SOCIETE

Il est un fait indéniable que depuis une vingtaine d'années, la République Centrafricaine traverse un courant spirituel intense, un temps de visitation particulière de Dieu. Du haut en bas de notre société, l'Evangile a percé. De récentes statistiques montrent que la population chrétienne représente 87,8% de la population totale, toutes dénominations chrétiennes confondues, dont 28% d'évangéliques.
Voici maintenant un siècle que la religion chrétienne est présente, d'abord les catholiques romains, ensuite les divers courants protestants. Elle a réussi à influencer la vie du pays qui, comme dans tous les autres continents, avait ses croyances particulières

1- Les mentalités ont changé.

Déjà les premiers missionnaires avaient brisé la peur de l'étranger ou mieux de l'inconnu. Cette crainte avait coûté la vie à plusieurs pionniers qui sont restés la semence de nos églises d'aujourd'hui. L'implantation des missions a permis d'arrêter les guerres tribales séculaires. L'amour du prochain prêché par l'Evangile a eu son impact.
L'alphabétisation a commencé avec elle; plus tard, l'instruction a brisé le système de pensée basé sur des mythes, pour adopter le rationnel et la logique. L'abandon des anciens tabous est aujourd'hui manifeste plus encore ces 20 dernières années. La prédication du plein Evangile a mis fin aux compromis que les églises dites fondamentalistes faisaient avec l'animisme, tolérance du fétichisme et moeurs idolâtres. Cela est remarquable dans le domaine médical, où de plus en plus de gens recherchent la prière pour leur guérison (Jacq.5:14-16) ou font confiance à la médecine moderne, au détriment des sorciers et autres guérisseurs traditionnels. La Bible fait autorité dans bien des milieux. On la trouve dans les bureaux administratifs et commerciaux, Elle a sa place dans les sacs à mains des dames comme dans les malettes des messieurs. La tranche des jeunes est fortement influencée par l'Evangile : lecture des tracts et livres religieux, ce qui laisse augurer d'un bel avenir.
Il faut cependant reconnaître l'endurcissement de certains milieux religieux fortement attachés à des doctrines figées, et qui n'acceptent pas le courant du Saint-Esprit tandis que d'autres essayent d'imprimer des directions qui tendent à préserver leurs acquis. "Mais l'Evangile n'est point lié " dit Paul.

2- Les coutumes ont accusé le coup :

De nos jours, il faut voyager loin dans nos provinces pour rencontrer les coutûmes de nos pères. Autrement, dans les agglomérations urbaines, on est plutôt en face de certaines survivances de nos traditions, déjà remplies de modernisme.
- La justice : Les Juges coutumiers ont reçu du chef de l'Etat des Bibles, d'où ils devraient puiser l'essentiel de leur raisonnement pendant les procès. Souvent le fait d'être un "bon chrétien" inclinera la décision en votre faveur.
- Les mariages : la pratique de la dot est bien modifiée. Un aspect très marquant est que par le Plein Evangile annoncé par les églises Apostoliques, le mariage religieux et même simplement le mariage a retrouvé son sens d'institution de Dieu. Maintenant il s'agit de se mettre en règle avec Dieu.
- Les naissances : Les gens recherchent les hommes de Dieu pour bénir les enfants, donner le prénom. Le culte des jumeaux tend à disparaître ; de moins en moins on consacre les enfants aux divinités de la région.
- Les rites mortuaires : Ce n'est pas un secret, l'africain dit "ceux qui sont morts ne sont pas morts, ils sont dans les foyers"(Hampaté Bâ), le culte de la mort est en train de s'effriter, le Plein Evangile a démasqué cette ruse de Satan. Jadis on restait un à trois mois, maintenant on se contente de trois jours de veillée mortuaire, les cantiques religieux ont supplanté les chants de douleur, le port du deuil est minimisé. L'Evangile est prêché pendant ces trois soirées, des âmes sont gagnées au Seigneur. Souvent on prie pour chasser les esprits des morts dans les maisons ou dans les vies. L'Evangile a démysthifié la mort dans notre société.

VII - L'ATTITUDE DES AUTORITES.

La République Centrafricaine est peut-être un cas intéressant dans ce chapître. Des Bibles ont été distribuées aux chefs de village, de même qu'aux autorités administratives et judiciaires.
Chez nous, toute réunion, toute cérémonie officielle commence par la prière d'un pasteur. Les autorités se frottent avec le peuple dans les lieux de culte au naturel. Encore plus, la 4° République a institué une journée nationale de prière le 30 Juin de chaque année. Ce n'est pas peu de chose devant le déferlement des forces de l'enfer en ces temps de la fin, qui aveuglent les gouvernements du monde.

Les médias : l'attitude des autorités fait que les médias ne se taisent pas. On compte à la radio la matinée de dimanche de 5h30 à 12h de programmes religieux, ou encore 3h de temps le soir, répartis entre toutes les dénominations religieuses.
La télévision qui émet à partir de 12h prend le relais l'après-midi. Dans la semaine, des tribunes sont réservées aux émissions religieuses à la radio et à la télévision ; les événements religieux, évangélisation, séminaires, conférences sont couverts par les médias. Il n'y a pas beaucoup de journaux, mais ceux qui existent mettent des colonnes pour Dieu. Dommage que le souci de neutralité laisse cependant l'accès libre à certaines sectes pernicieuses.

Les personnes élevées en dignité, les hommes d'affaires, sont mêlés à tout le reste de la population, les pasteurs savent les angoisses des uns et des autres, et quand ils prient pour les autorités comme le recommande la Bible, c'est sur des requêtes précises de ces derniers.

Ce tableau optimiste ne doit pas faire oublier que Satan est très actif à présent. Nous assistons à la montée de vieilles sectes mystiques qui viennent vendre leurs recettes d'abondance, de succès et de puissance, car il faut compter avec la naïveté et le manque de connaissance, voire la superficialité de beaucoup de vies chrétiennes. C'est pourquoi nous devons intensifier nos actions d'évangélisation et d'affermissement, pour bâtir sur le roc l'Eglise de Jésus-Christ. A lui soit toute la gloire.

VIII - LES SUJETS DE PRIERE POUR LE CENTRAFRIQUE .

1- L'Eglise :

•Que les efforts d'unité du Corps de Christ s'intensifient et aboutissent à des résultats encourageants et satisfaisants. •Pour la qualité spirituelle des membres et la profondeur de la vie de chacun. •Pour les dirigeants spirituels. •Pour l'implantation de plus en plus d'églises dans les régions reculées du pays, auprès des peuplades non-atteintes jusqu'à présent.

2- Pour la vie sociale et politique :

•Pour que la paix revienne en ce temps de tumulte. •Que le chaos soit évité et qu'une solution sans heurt soit trouvée pour le bien de tout le peuple. •Pour la sécurité de tous les centrafricains et des étrangers en Centrafrique.

Encartage :
L'ancienne colonie française d'Oubangui-Chari maintient le français comme langue officielle. Très utilisé dans l'administration, l'enseignement, le commerce et la presse, il est pourtant ressenti par de nombreux centrafricains comme une langue étrangère face au Sango, la langue nationale.

Localisation :
au coeur de l'Afrique, délimité par le Cameroun, le Tchad, le Soudan, le Congo et le Zaïre.

Superficie :
623 000 Km2

Capitale :
Bangui.

Population :
2 700 000 habitants.

Langues parlées :
français, sango, bantou et peul.

Nombre de francophones :
310 000.

Economie :
PIB 1 620 F / habitant.

Part de la France dans le commerce extérieur :
plus de 30%.

Point d'histoire :
intégré à l'A-E-F en 1910, l'Oubangui-Chari devient territoire d'outre-mer en 1946. Proclamé République Centrafricaine en 1958, le pays accède à l'indépendance deux ans plus tard. Malgré ses richesses minières, la République Centrafricaine souffre de son enclavement, de la faiblesse de ses communications intérieures et se remet difficilement des excès de l'ex-empereur Bokassa.

Sommets francophones :
participant ; membre de l'ACCT et de l'AIPFL.