
LE CANADA

La révolution tranquille
L'année 1960 est certes une date importante mais ne correspond pas au point
tournant décisif dans l'histoire du Québec. D'abord, ce fut l'année
de l'entrée au pouvoir du Parti Libéral provincial avec son chef, Jean
Lesage. Il était, de bien des façons, le père de cette Révolution
tranquille qui s'annonçait. Adoptant le thème : " C'est le temps que
ça change ", il a initié le processus de sécularisation de l'état.
Jusqu'à ce moment, l'Eglise catholique romaine détenait tous les rouages
décisionnels de la province. Il n'en serait bientôt plus ainsi. Avec cet
avènement, nous entrions dans l'ère de la modernité au Québec.
La Révolution tranquille, expression inventée par un journaliste de Toronto
travaillant au " Globe and Mail ", fait référence à cette
période qui décrit l'évolution sociale que le Québec a vécu
depuis 1960. De cette année jusqu'en 1968, le visage du Québec s'est littéralement
métamorphosé, et cela dans une atmosphère de paix remarquable. En
étudiant le phénomène des révolutions culturelles ailleurs dans
le monde, particulièrement dans des pays d'Afrique ou d'Asie, où il y a
une transition d'un passé colonisé à un présent moderne, nous
avons rarement été témoins d'une révolution culturelle aussi
tranquille que celle du Québec.
Or, la montée de la modernité a causé trois nouvelles tensions chez
la foi chrétienne qui a dominé le Québec depuis trois cents ans :
la marginalisation de la religion, le refuge dans l'intériorité et le pluralisme
idéologique. L'Eglise protestante n'a guère réagi. Ayant peu de sensibilité
pour les implications sociales de la foi et très peu de savoir-faire en analyse
culturelle, elle se fait miner par la modernité même qu'elle a si habilement
aidé à créer lors de la Réforme. Ayant quitté la dimension
publique de la société, le mouvement chrétien n'a plus voix en la
matière.
Ainsi, il est intéressant de savoir que la discussion sur la posmodernité
a pris naissance dans le monde francophone par les ouvrages de l'érudit français
Jean-François Lyotard, après que les universités québécoises
aient mandaté son étude. Dans le cadre de l'ère médiévale
où l'ordre social stable était basé sur la révélation, l'ère
des lumières a vu le jour avec une approche rationnelle, scientifique et sans
cesse bureautique de la réalité. Les répercussions du projet moderne
se listent sans fin dans l'activité économique sans précédent,
la croissance exponentielle de la connaissance et des compétences techniques,
une dose massive d'éducation, l'urbanisation explosive, le déracinement,
les mass média, les communications et dans la séparation du travail de
la maison incluant aussi la mécanisation du travail. Or, ce paradigme de réalité
s'est disloqué. D'ailleurs, Lyotard écrit : " Mon argument est que
le projet moderne (de réalisation de l'universalité) n'a pas été
abandonné, oublié, mais détruit, liquidé. Il y a plusieurs modes
de destruction, plusieurs noms qui en sont les symboles. Auschwitz peut être
pris comme un nom paradigmatique pour l'inachèvement tragique de la modernité.
"
Les conséquences n'en sont que plus évidentes. Les systèmes de pensée,
la tension entre l'ordre et le désordre, les formes d'expression, les symboles,
le flux définissent tous le nouvel ordre. Toutes ces parties ont été
reconstruites comme le soulève clairement Ernest Gellner : " Le postmodernisme
semblerait être clairement en faveur du relativisme, selon qu'il est capable
de clarté, et hostile à l'idée d'une vérité unique, exclusive,
objective, externe ou transcendante. La vérité est insaisissble, polymorphe,
intérieure, subjective..."
Le Québec en général, et Montréal d'une façon plus marquée,
ont commencé à évoluer sur le plan social et ni l'Eglise protestante,
ni l'Eglise catholique romaine n'ont pu aider les gens face aux changements rapides
qui s'opéraient dans la société.
Il définissait les changements nécessaires à apporter comme "
libérer les superstructures, désacraliser la société, démocratiser
la politique, faire notre entrée dans le monde de l'économie, réapprendre
le français, débarrasser les universités des esprits trop étroits,
ouvrir les frontières à la culture et les esprits au progrès. "
Changements culturels significatifs
La Révolution tranquille a modifié le contexte urbain du Québec
et cela d'innombrables manières. De nombreux ouvrages ont été rédigés
sur le sujet. En empruntant les yeux d'un observateur intéressé de Montréal,
une personne pourrait procéder à une analyser ethnographique de la ville
et mieux comprendre (dans le but de la mission) comment les structures sociales et
les comportements interagissent entre eux et affectent aussi comment cette culture
évolue. Selon l'auteur, comprendre les quatre tendances suivantes se qualifie
d'étape essentielle afin d'envisager ce que sera, dans les années futures,
la mission de l'Eglise dans la ville.
A. Le déclin du système ecclésial
Le déclin de l'influence, du pouvoir et de la présence de l'Eglise catholique
romaine nous a permis d'entrevoir le changement dramatique du milieu urbain. Dans
les années qui précédaient la Révolution tranquille, le nombre
de prêtres se chiffrait à 4 000 en 1930, 5 000 en 1948 et 8 400 en 1960.
Aujourd'hui, on en compte moins de 3 000 dont la moyenne d'âge est 63 ans.
L'université de Montréal, au cours d'un sondage sur les pratiques religieuses
en 1986, a démontré que seulement 19,6 % des citadins assistaient à
la messe chaque semaine, soit une baisse de 6 % par rapport à une étude
faite six mois plus tôt. Le contexte religieux a été irréversiblement
modifié, surtout dans le milieu francophone et catholique. Parmi les changements,
nous parlons aussi des relations entre laïcs et clergé et les nouvelles
formes de manifestations religieuses.
Ce sont les paroisses de villes qui ont subi les changements les plus renversants.
Il y a 25 ans, l'Immaculée-Conception attirait à ses messes de fin de semaine
entre 7 000 et 10 000 paroissiens. Aujourd'hui, elle en compte seulement de 400 à
700, ce qui représente moins de 5 % de la population paroissiale. D'après
les études de l'auteur, cette situation est typique des paroisses du Grand Montréal.
Or, l'Assemblée des Evêques du Québec, en décrivant l'Eglise
d'aujourd'hui, a déclaré : " Au cours des trente dernières années,
l'Eglise au Québec a subi un rapide et considérable effritement de ses
effectifs. Un sentiment de non appartenance s'est répandu parmi les pratiquants.
Poussés par une force centrifuge, la majorité des baptisés se sont
retrouvés en marge de l'Eglise. Le noyau central s'est tellement affaibli que
des paroisses ne peuvent plus compter que sur un nombre réduit de membres actifs
pour assumer les responsabilités pastorales... Pouvons-nous évaluer le
nombre de ces membres actifs ? Il serait peut-être l'équivalent de 1 %
du nombre total de tous les baptisés."
B. L'amorce d'un système d'éducation
Aux élections de 1960, Jean Lesage s'attaqua au système d'éducation
désuet et en initia la réforme en la plaçant au centre de sa plate-forme
électorale. Empruntant un slogan des jours de la Conquête, lorsque le taux
de natalité élevé servait de moyen pour protéger la culture,
Lesage déclarait : " La revanche des berceaux ne suffit plus, nous avons
besoin de la reconquête des cerveaux. " Ce message vient à l'opposé
de l'interventin du conseiller juridique de la Couronne, Antoine Rivard, qui, aux
élections de 1942, avait déclaré : " L'instruction ? Pas trop
! Nos ancêtres nous ont légué un héritage de pauvreté et
d'ignorance, et ce serait une trahison que d'instruire les nôtres. "
Ce n'est pas difficile de concevoir que Lesage s'est senti poussé à intervenir
de façon radicale afin de changer l'état des choses. Au milieu des années
50, seulement 15,4 % des garçons avaient terminé leur onzième année.
Il y avait des divergences très distinctes au plan des genres sexuels et des
confessions. Les protestants de sexe masculin, dans l'ensemble, recevaient 25 % plus
de financement que leurs homologues catholiques et 67 % de plus que les catholiques
de sexe féminin. Les protestantes recevaient 44 % plus de financement que leurs
homologues catholiques. L'état des bibliothèques des écoles à
Montréal était déplorable et le nombre d'inscriptions aux universités
du côté catholique était lamentable. Le renversement occasionné
par cette réforme se constate par une simple comparaison. En 1961, seulement
23 000 étudiants étaient inscrits dans les universités du Québec.
Dès 1988, le nombre était passé à 235 0007.
Le processus de réforme, à l'intérieur de l'acte d'éducation
existant, prévoyait pour tous l'accès gratuit à l'éducation primaire
et secondaire et aux manuels scolaires ; il sanctionna que l'éducation était
maintenant obligatoire jusqu'à l'âge de 16 ans. Ce processus s'accentua
lorsque le rapport Parent fut rendu public en avril 1963. En l'espace d'une année,
le ministère de l'Education avait été mis sur pied et le processus
de sécuralisation de l'éducation s'amorçait.
Les résultats peuvent, en partie, être quantifiés statistiquement
:
- En 1956, seulement 57 % des jeunes de quatorze ans fréquentaient l'école
- aujourd'hui, presque 100 % le font.
- En 1956, seulement 40 % complétaient leurs études secondaires - aujourd'hui,
le pourcentage en est de 72 %.
- En 1966, seulement 46 % fréquentaient le collège - aujourd'hui, on en
compte 63 %.
Ce remaniement magistral a entraîné d'incroyables retombées sur la
vision du monde du Québec urbain francophone. L'éducation s'affiche maintenant
comme le moyen par lequel la société progresse. Or, il se peut que le reste
du monde occidental ne considère pas cet aspect comme radical, mais il est toutefois
intéressant de noter la rapidité avec laquelle cet aspect est quand même
devenu des plus évident dans la société. D'ouvrage en ouvrage, le
message pour un meilleur système d'éducation est perçu comme le moyen
d'améliorer le sort de la culture.
C. L'impact de l'urbanisation
Toutes les théories sur la modernisation traitent de la croissance des villes.
Nous avons déjà vu les statistiques pertinentes concernant Montréal.
Or, il y a trois questions importantes à soulever dans ce changement significatif
de la vie urbaine.
D'abord, il est essentiel de comprendre la croissance récente de la ville de
Montréal. J'ai déjà mentionné plus haut que la mentalité
rarale se manifestait dans la culture. Ceci s'avère des plus évident dans
les différentes formes d'art du Québec francophone. Les chants des chansonniers
font appel à la plaine du Saint-Laurent, aux îles de cette grande rivière
et à la vie du Québec rural. La sculpture sur bois, la photographie et
les tapisseries évoquent aussi cette même géographie. La plupart des
sociologues d'aujourd'hui continuent leur discours sur ce passé rural. Bertin
commente que " l'attachement à la terre8 " est le pôle principal
d'appartenance pour les Québécois. Dion revendique que l'image du Québécois
comme habitant9 domine notre histoire. Curieusement, même depuis l'ère
de l'industrialisation, les écrivains québécois français qui
écrivent sur la vie urbaine ne le font jamais de façon positive. Dion plaide
alors pour de nouvelles mentalités à l'heure du Québécois français
urbain.
Ceci s'explique démographiquement en constatant les transitions qui ont eu lieu
à Montréal et dans l'ensemble de la société au courant de la
dernière génération. Le tableau suivant reflète le processus
d'urbanisation de cette période.
MONTREAL
La croissance inattendue en 1941 par 3 % des habitants ruraux s'explique par les
efforts énergétiques du clergé pour un retour à la terre. Par
contre, l'industrialisation à la hausse requise par les efforts de guerre au
début des années 40 a fait que la tendance urbaine était maintenant
solidement enracinée. Il serait important de souligner le phénomène
récent de l'urbanisation. Même si, comme je l'ai mentionné, on retrouve
encore des traces de cette mentalité rurale aujourd'hui, et Montréal en
a influencé tout le Québec.
AnnéeRuralUrbain193142 %58 %194145 %55 %195133 %67 %196121 %74 %197120 %80 %198122
%78 %198621 %79 %199119 %81 %
La croissance de l'église protestante française à Montréal de
1980 à 1990 
Le récit biblique de l'histoire humaine débute dans un jardin, "en
Eden, du côté de l'Orient."(1) Cette création était bonne.
Le même récit se termine dans une ville qui a été préparée
par Dieu. Elle porte la gloire de Dieu et il n'y aura pas besoin de soleil, ni de
lune ou même d'un lieu pour un temple.(2) Cette ville est un don de Dieu à
l'humanité.
La réalité d'une église protestante française vibrante dans le
contexte des grandes villes québécoises n'est pas récente. Même
si la thèse d'une implantation à Montréal du mouvement huguenot (3)
au 17° siècle est très contestable, personne ne peut contester l'impact
du mouvement anabaptiste après la rébellion de 1837-1838 dans les environs
de Montréal. Au 20° siècle, de grands efforts ont été initiés
dans les cinq villes qui sont maintenant considérées(4) commes les régions
métropolitaines de la province. Mais depuis une décennie, comment se porte
ce mouvement dans la plus grande région métropolitaine ?
Quel est l'état de cette église ?
Une lecture de la Bible à l'aide d'une concordance démontre que la ville
('ir en hébreu et polis en grec) est au centre du grand projet de Dieu pour
le cosmos. C'est le désir de Dieu de travailler de façon contextuelle à
la rédemption des individus, à la réconciliation dans la ville, à
l'établissement d'une communauté et àla prolifération de son
règne à travers la personne de Jésus-Christ. La place de la ville
dans ce grand dessein de Dieu se manifeste par trois réalités de la Bible.
Il faut tenir compte de ces réalités dans notre action d'évangélisation
au Québec aujourd'hui.
D'abord, l'image de la ville comme lieu (c'est-à-dire les différentes villes
mentionnées dans la Bible), comme le but du plan de Dieu (la nouvelle Jérusalem)
veut dire que nous sommes obligés de comprendre son importance dans notre travail
comme Eglise québécoise.
Deuxièmement, nous voyons clairement dans la Parole de Dieu que Dieu est à
l'oeuvre, pas uniquement dans la vie des gens mais dans des lieux et des villes qu'il
a occasionnellement utilisés pour s'adresser aux individus. Ici nous renvoyons
aux exemples de Ninive où Jonas a vécu, et de la ville de Philippes et
la façon dont Paul l'a "utilisée" comme source d'enseignement
dans son épître (voir Ph 1:27 à 2:11). Pour cette raison, toute théologie
doit être spécifique pour sa situation et pas uniquement composée
des grands dogmes d'antan, traduits de façon impersonnelle en toute langue et
dispensée à toute culture sans sensibilité.
Et troisièmement, le thème de la justice de Dieu n'est pas un sujet caché
dans la Parole. Au contraire, il est répété à quelque 400 reprises.
Pour la personne qui commence un ministère pastoral dans la ville aujourd'hui,
il faut être à l'écoute des personnes marginalisées et comprendre
l'appel de la Parole à leur égard.
Inutile de raconter tous les bouleversements que les métropoles québécoises
ont vécus depuis trente ans.(5) Il n'y a pas un grand secteur de la province
qui n'ait pas vécu de façon profonde la Révolution tranquille. Les
caractéristiques de sa population(6), la vision intégrée de la réalité(7),
les changements, les transformations du rôle du milieu urbain dans la société
québécoise et l'explosion d'une classe d'entrepreneurs francophones sont
les plus importants bouleversements qui touchent les villes, et donc l'Eglise de
Montréal.
Mais pendant cette même période (1960-1990), l'Eglise protestante québécoise
a énormément grandi à travers la province. Il y a eu une croissance
significative dans le nombre d'églises locales, dans presque toutes les confessions
et régions de la province.
Depuis 25 ans, Direction Chrétienne a essayé d'étudier l'état
de l'Eglise, surtout à Montréal.
Il est très évident qu'une certaine croissance dans le nombre de regroupements
de la région a eu lieu. Dans les banlieues, cette croissance dépasse 100
%. Ce taux de croissance est moins prononcé sur l'île (78 %) et il est
très faible sur l'île de Laval. Sur les deux îles, il faut reconnaître
que l'assistance demeure faible (moins de 1400 personnes au total dans les onze églises
à Laval, 80 % dans deux de ces églises) et selon l'étude il y a une
moyenne de 80 adultes dans les églises de l'île de Montréal.
Aussi il y a un fort mouvement vers la fermeture des très petites églises
(moins de trente personnes) pour avoir des groupes plus stables et où les services
offerts seront plus efficaces. Cette tendance existe aussi parce qu'un changement
de leadership a eu lieu. De plus en plus, il y a un besoin grandissant d'avoir un
leadership bien formé pour exercer un ministère dans le milieu urbain.
Mais dans ces chiffres, il ne faut pas oublier le nombre significatif de francophones
qui fréquentent une assemblée anglophone. Selon mes études, ce nombre
dépasse maintenant quelques centaines de personnes. Les raisons ne sont pas
difficiles à énumérer. On m'a parlé de plus de services pour
la famille, un respect pour la liturgie chrétienne et une plus grande tolérance
pour les divergences théologiques.
Quelles conlusions pourrions-nous tirer après dix années d'efforts ardus
pour l'avancement de l'Eglise dans la métropole ? Après avoir participé
à ces efforts personnellement étudié la situation de prés, voici
la question que je pose : quels sont les thèmes à reconsidérer dans
la prochaine décennie ?
1. Des tensions doctrinales monumentales divisent l'Eglise dans chacune de ces
villes. Ces divisions proviennent de paramètres traditionnels mais constituent
des obstacles majeurs à des initiatives collectives pour l'évangélisation
de la ville. Mission Québec (1990) organisée par l'Association d'Evangélisation
Billy Graham a essayé de pallier à cette situation. C'est l'histoire qui
pourra mesurer les effets à long terme.
2. La préoccupation de l'heure, que l'on retrouve dans bon nombre de discussions,
est une recherche constante pour des stratégies pertinentes d'évangélisation.
Il y a définitivement un désir de repenser l'évangélisation en
milieu urbain. Depuis les dernières décennies, la mission francophone a
été marquée par des formes d'évangélisation traditionnelles
qui ont eu peu d'effet sur les citadins. Ces schèmes viennent en majeure partie
du monde anglophone.
3. Un consensus existe quant à un renouveau du ministère laïc. Commentaire
après commentaire, je constate que les pasteurs se plaignent d'être toujours
ceux qui doivent tout faire, et les laïcs se sentent en marge du service chrétien.
4. Il y a une très grande insatisfaction avec l'état actuel de l'éducation
théologique. Très peu de personnes possèdent une perspective biblique
de la ville et se sentent équipés pour faire face aux réalités
du monde urbain. L'éducation théologique dans le monde francophone a été
jusqu'à maintenant très traditionnelle, sans véritable réflexion
sur l'action.
5. Les coûts élevés dans la région rendent la location d'espace
et l'achat de terrains difficiles pour l'implantation d'églises.
6. Il y a une préoccupation grandissante pour bien comprendre la relation entre
l'Evangile et la culture. En utilisant l'expression d'un certain auteur, on peut
définir ainsi la préoccupation du mouvement protestant dans le monde francophone
urbain : le Christ contre la culture. Par exemple, en réaction contre l'Eglise
catholique romaine, plusieurs bâtiments d'églises sont très dépourvus,
voire laids.
Glenn SMITH.
(1) Genèse 2:8, extrait du texte de La Colombe.
(2) Apocalypse 21:22-23.
(3) Plusieurs livres et articles ont été écrits sur l'histoire du
mouvement réformé au Québec. André Bédard et la Société
Canadienne Huguenote ont fait les plus grandes recherches à ce sujet. Personne
n'a véritablement démontré que le mouvement constituait une Eglise
viable à l'époque , digne d'être considérée comme une force
dans l'évangélisation du Québec, édité en 1988.
(4) Selon Statistiques Canada, les cinq régions métropolitaines du Québec
sont le Grand Montrél, Trois-Rivières, Québec, Jonquière-Chicoutimi
et Sherbrooke. Ces villes représentent 62% de la population.
(5) D'excellents articles ont paru depuis cinq ans sur les changements à Montréal
liés au contexte québécois. Selon nous, le meilleur a été
publié aux Etats-Unis (en anglais) ; il s'agit de "The Reconquest of Montréal"
par Marc Levine, Temple University Press, 12989.
(6) La croissance de la population ethnique, la grande baisse dans le taux de fécondité
qui a grandement touché Montréal, et surtout l'exode de sa population anglophone
sont des facteurs d'importance.
(7) La transformation de l'Eglise catholique romaine n'est qu'un exemple.
(8) Edouard Hoyer a initié cette étude lorsqu'il était équipier
avec Direction Chrétienne, puis Luc Lambert et pamela Gebauer l'ont poursuivie.
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