CAMBODGE

 

 

Situation géopolitique

    Le Cambodge se situe dans l'Asie du Sud-Est, au dessus du 10ème parallèle. C'est un beau pays avec une terre fertile. Il y a l'harmonie entre l'homme et la nature. Environ 80% des habitants sont agriculteurs.

    Capitale

    Phnom-Penh ( 1 million d'habitants)

    Climat

    Tropical. Il y a deux saisons :
  • 6 mois de pluie (de mai à octobre)
  • 6 mois secs (de novembre à avril).
  • La mousson de décembre à février.

    Superficie

  • 181.000 km2

    Population

    8 millions d'habitants (évaluée en 1993), 44 ha/km2, répartis en :
  • Khmers pour 85%
  • Chams
  • Chinois
  • Montagnards
  • Vietnamiens

    Ressources

  • Forêts
  • Riz
  • Poissons
  • Diamants

    Quelques mots sur la situation générale du Cambodge aujourd’hui

    On peut observer des progrès dans plusieurs domaines, comme les transports, aussi bien aériens que par bateau et par route, la santé, l'éducation. L'aéroport international de Pochentong a été bien amélioré et il y a plus de trafic avec l'étranger. Les maisons et les hôtels poussent comme des champignons, et les night-clubs aussi ! Le change varie beaucoup : en 1991, 1$ se changeait à 500 riels, depuis il est monté jusqu'à 5.000 pour redescendre à 3.800. Le bath thaï est aussi bien utilisé.
    Politique : il y a actuellement une vingtaine de partis. La campagne pour les élections qui auront lieu du 23 au 29 Mai 1993, commencera six semaines avant.
    Réfugiés : Le haut Commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés a commencé à rapatrier les réfugiés de Thaïlande au Cambodge. Ce doit être terminé avant le début de la campagne électorale. Dans le pays, plusieurs réfugiés ont dû s'enfuir de nouveau pour échapper aux combats qui se poursuivent par endroit . Pauvre Cambodge ! Y aura-t-il vraiment la paix après les élections ?
    Casques Bleus : Plus de 30 pays ont fourni les 26.000 Casques Bleus qui sont au Cambodge dans le but de préparer les élections et de désarmer ceux qui se battent encore. Ils travaillent en collaboration avec le gouvernement provisoire de Norodom Sihanouk.

Caractéristiques historiques

    Le peuple Khmer aime le sourire et la vie tranquille et paisible - et non la guerre ! Malheureusement, le pays a souvent été déchiré par des guerres tout au long de son histoire. Sous le régime sanguinaire de Pol Pot (entre 1975 et 1979), deux à trois millions d'habitants ont trouvé la mort... Et les survivants sont toujours marqués par le calvaire qu'ils ont vécu durant cette période. Doucement, le pays commence à renaître de ses cendres mais il y a beaucoup de blessures intérieures.

  Climat spirituel

    Religions

  • Le bouddhisme est la religion d'Etat ("petite véhicule", Hinayana 1180-1205)
  • Musulmans
  • Catholiques
  • Protestants
    La plupart des Cambodgiens sont des bouddhistes traditionnels. Mais le bouddhisme (qui est une philosophie à l'origine) est bien mélangé à des pratiques animistes.  Les puissances des ténèbres ont bien dominé le Cambodge jusqu'à ce que l'Evangile libérateur ait fait des brèches pour le Royaume de Dieu : en 1923 enfin (!) les premiers missionnaires américains sont arrivés. Après plusieurs dizaines d'années de travail, il n'y avait que peu de fruits. En 1970 on comptait environ 5000 chrétiens.
    On ressent toujours cette puissance satanique, représentée par les serpents à une, trois, cinq ou sept têtes. Les serpents ou dragons, appelés “nagas” décorent les temples, les palais, les monuments, les bâtiments publics, parfois des bijoux, etc... et sont presque omniprésents. Ils reflètent la domination spirituelle du “serpent ancien” (Apocalypse 12.9) sur le peuple khmer. Mais le Saint-Esprit agit - malgré les obstacles !
     

 

    La propagation de l’Evangile

    Pendant la guerre de cinq ans (1970-1975 ), il y avait beaucoup de conversions parmi les réfugiés dans la capitale. Puis, suivait l'histoire sombre du Cambodge, sous le régime des Khmers rouges (1975-1979 ). Beaucoup de chrétiens ont été tués, d'autres ont survécu miraculeusement. Certains ont pu s'enfuir et étaient accueillis en Thaïlande dans des camps de réfugiés. (Là se faisait aussi un travail d'évangélisation et d'affermissement pour les chrétiens.)
    Après la prise du pouvoir des Vietnamiens en 1979, les chrétiens recommençaient à se réunir dans les maisons. En avril 1990, les autorités ont donné aux chrétiens la liberté de pratiquer leur foi chrétienne. Depuis, il y a une croissance spectaculaire. Dans presque toutes les provinces, des églises de maisons sont nées.
    Exemples de croissance :
  • En 1992, il y avait à Phnom-Penh et ses environs une dizaine d'églises de maisons et en 1993, presque une trentaine.
  • En 1992, il y avait dans les provinces de Battambang et de Banteay Mean Chey un dizaine d'églises et en 1993, le double !
    Parmi les responsables des églises de maison, la plupart ont leur métier pour gagner le pain (ou le riz) quotidien. Mais certains se lèvent pour servir le Seigneur à plein-temps malgré le manque de soutien financier. A présent, il y a très peu de responsables qui ont reçu une formation (théologique) biblique. Il y a un grand et urgent besoin de formateurs pour les églises croissantes afin qu'elles deviennent solides.

    Historique de l’église au Cambodge

    Dès les débuts de la chrétienté, il y eut des missionnaires dans cette partie du monde, mais ils n'ont pas traduit la Bible (il n'y avait qu'un enseignement oral) et ils n'ont pas formé de pasteurs sur place. Après quelques temps, la foi chrétienne disparut et on n'en retrouve ici et là que quelques traces. Plus tard, au 16ème siècle, les missionnaires catholiques portugais ont évangélisé, mais ont eu du succès surtout auprès des Vietnamiens, ce qui eut comme résultat d'éloigner les Cambodgiens. Là aussi, rien d'écrit en langue cambodgienne jusqu'en 1960 !
    En 1923, les premiers missionnaires américains de la C&MA arrivent enfin au Cambodge. Dès le début, un couple fut désigné pour traduire la Bible (M. et Mme Hammond) et un autre couple (M. et Mme David Ellison) pour commencer une école biblique. Ce sont là les bases qui ont permis d'établir et de développer l'Eglise au Cambodge.

    Les débuts de l'Eglise évangélique khmère

    Les premières années, les missionnaires ont rencontré ici et là, en particulier dans la province de Battambang, des groupes de familles qui, soit avaient déjà eu quelques contacts avec l'Evangile, soit étaient originaires de Kampuchea Kraom, et étaient partis en quête de travail. Ceux-là, se trouvant en dehors de leur contexte familial, étaient plus libres et prêts à accepter des idées nouvelles. Plusieurs groupes ont donc accepté l'Evangile et il est à noter qu'il ne s'agit jamais d'individus, mais de familles entières.
    Puisqu'il y avait tout de suite un enseignement à l'Institut Biblique, il y eut très vite des pasteurs et évangélistes cambodgiens, qui à leur tour portaient la Bonne Nouvelle à leurs compatriotes. Pour la plupart, ces pasteurs cultivaient leurs champs comme tout le monde pour subvenir aux besoins de leurs familles, mais ils recevaient aussi une aide de la Mission.
    En 1932, un édit du roi Sisowath Monivong décréta qu'il était défendu de propager des religions étrangères auprès des Cambodgiens. Ceci ralentit considérablement la propagation de l'Evangile et seuls ceux qui étaient vraiment fidèles résistèrent aux persécutions plus ou moins ouvertes.
    De plus la Mission décida de supprimer graduellement le subside pour les pasteurs, pour que ce soient les églises locales qui apprennent à pourvoir aux besoins de leurs communautés. Cette mesure fut la cause de beaucoup de malentendus et de problèmes de relation entre les chrétiens cambodgiens et missionnaires. Elle était peut-être prématurée, mais quand en 1965 tous les missionnaires américains et canadiens durent quitter le pays pour des raisons politiques, l'Eglise était en mesure de survivre sans aide extérieure. A ce moment-là, on comptait environ 2000 chrétiens au Cambodge, ce qui n'était pas beaucoup après plus de 40 ans de travail.
    Dès que les missionnaires furent partis, plusieurs pasteurs et membres de l'Eglise furent emprisonnés, mais au moment du procès le juge décida que la Constitution reconnaissait la liberté de conscience et il n'y avait aucune raison d'emprisonner ces hommes. Le comité de l'Eglise décida de nommer un comité de remplacement, au cas où tous les membres du comité officiel seraient emprisonnés, et de plus ils nommèrent un comité de laïcs, de façon à ce qu'il reste toujours quelqu'un qui puisse assumer la responsabilité de l'Eglise.
    De 1966 à 1970, ce furent des missionnaires français de la C&MA, qui continuèrent le travail, principalement l'enseignement à l'Institut Biblique deTakhmau : M. et Mme Jean Funé, tandis qu'un jeune couple, Jean-Jacques et Maria Piaget, arrivèrent en décembre 1969 pour les aider. L'Eglise grandit.
    Mais en 1970, il y eut un changement radical dans la politique et à la fin de l'année quelques missionnaires américains purent revenir.
    Entre 1970 et 1975, le pays était en guerre et la population de Phnom-Penh passa de 600.000 à plus de 2 millions d'habitants, car les gens de la campagne y cherchaient refuge. Les chrétiens furent parmi les premiers à organiser des secours pour les réfugiés et de plus une équipe médicale de la Mission entra en fonction en 1972. Cette année-là et l'année suivante, il fut possible pour la première fois au Cambodge, de tenir de grandes campagnes d'évangélisation avec le Dr Stanley Mooneyham comme évangéliste et le concours de groupes de chants américains : les Danibelles et les frères Palermo. Ces campagnes eurent un immense succès et eurent pour conséquence la conversion d'environ 3.000 personnes. Les deux églises de la ville n'étaient plus suffisantes et les gens commencèrent à ouvrir leurs maisons pour les réunions et les cultes. Ainsi l'Evangile se propageait rapidement, car les voisins étaient attirés par les chants et la foule. En 1975, juste avant la chute de Phnom-Penh, il y avait plus de 30 églises dans la région et on calculait environ 10.000 chrétiens, soit cinq fois plus que cinq ans auparavant.
    L'Eglise se développait aussi dans d'autres régions et notamment en Kampuchea Kraom, où un pasteur, Mr M. Sieng Ang, avait été envoyé par l'Eglise cambodgienne dès 1973.

    La chute du Cambodge

    Le 17 avril 1975, Phnom-Penh tombait aux mains des Khmers Rouges et immédiatement tous les habitants durent quitter la ville. Les conditions de vie et de travail étaient tellement inhumaines qu'environ 80% des habitants des villes moururent ; on peut penser que le même pourcentage de chrétiens périt aussi. Sur les 33 pasteurs et responsables, 27 ont disparu. Les Khmers Rouges combattaient toute forme de religion. Si les Bouddhistes étaient particulièrement visés, les chrétiens apparaissaient très suspects car le christianisme était considéré comme une religion étrangère. Les bâtiments religieux les plus considérables, comme la cathédrale catholique à Phnom-Penh et l'église évangélique à Battambang, ainsi que plusieurs pagodes, furent tout simplement rasés. Les chrétiens furent dispersés dans tout le pays. A cause de la surveillance sévère des Khmers Rouges, il n'était pas possible de parler ouvertement de l'Evangile, mais beaucoup restèrent fidèles et purent témoigner occasionnellement et en secret ( voir par exemple le témoignage de Taing Vek Houng). Quand, en 1979, les vietnamiens entrèrent au Cambodge, la situation était désastreuse, car les Khmers Rouges brûlèrent les rizières pour empêcher l'avance des ennemis et le peuple, déjà affaibli, n'avait plus rien à manger. Ce furent des milliers de gens squelettiques qui s'enfuirent vers la Thaïlande et les camps de réfugiés.
    En quelques jours le camp de Khao-I-Dang vit sa population atteindre 150.000 personnes !

    L'Eglise dans les camps de réfugiés

    Plusieurs milliers de ces réfugiés furent accueillis dans d'autres pays : les Etats-Unis, la France, l'Australie, le Canada, etc... Certains, qui s'étaient déclarés chrétiens dans l'espoir d'avoir plus de chances de quitter la Thaïlande ont abandonné leur nouvelle "foi" dès leur arrivée dans un pays tiers. Mais dans les camps, même les églises étaient ouvertes et fonctionnaient.
    Dans la plupart des camps, actuellement, les missionnaires étrangers n'ont pas accès, sauf pour le travail médical. Mais dans ces camps l'église a ses propres responsables et l'enseignement se poursuit activement, dans l'espoir qu'un jour ces chrétiens pourront retourner dans leur pays et pourront être la base de nouvelles églises.

     La situation récente de l'Eglise au Cambodge

    Après que les Khmers Rouges furent chassés de Phnom-Penh et que les Vietnamiens eurent pris le pouvoir, plusieurs familles chrétiennes retournèrent dans la capitale et commencèrent à se réunir pour prier et étudier la Bible. Pendant quelques années, ce ne fut pas facile, souvent ils n'avaient pas la permission, plusieurs furent emprisonnés et ils ne pouvaient avoir aucun contact avec l'étranger. Mais grâce à Dieu la situation a évolué petit à petit et depuis avril 1989, pour la première fois dans son histoire, l'Eglise Evangélique Cambodgienne est reconnue officiellement !
    Ceci implique qu'ils ont la liberté de se réunir régulièrement chaque dimanche, de s'organiser en tant qu'association, de pratiquer et d'enseigner la Bible.
    Le plus grand problème en ce moment est le manque de pasteurs et de responsables . L'enseignement est souvent dispensé par le moyen de cassettes ou d'émissions de radio. Mais cette Eglise, qui a déjà traversé des moments difficiles dans sa brève histoire, est entre les mains du Seigneur, qui saura la protéger et la faire grandir. De notre côté, c'est notre responsabilité de prier pour chacun des membres et de les aider dans la mesure de nos possibilités. Que le Seigneur nous aide à discerner notre tâche et à ne pas oublier nos frères et soeurs du Cambodge !
      * Extrait du magazine franco-cambodgien “Résurrection” numéro 81-82, juillet à octobre 1991

    La situation actuelle de l’église au Cambodge

    Le Seigneur est en train de bâtir Son Eglise dans presque toutes les provinces. A Phnom-Penh, il y a 28 groupes de maison, à Battambang et dans la province voisine : 20, à Siem Reap : 8, à Kompong Thom : 5, et partout, sauf dans la province de Kho Kong, des petits groupes surgissent. Le 26 février, tous les chrétiens ont participé à une journée de jeûne et de prière, pour préparer la nomination du Comité National, le 27 février. Il y a aussi beaucoup de chrétiens parmi les Casques Bleus de UNTAC (Autorité Transitoire des Nations-Unies au Cambodge) qui ont des églises à eux.
      Vu par K. Path lors de son voyage en février 93

    Institut Biblique et enseignement

  • L'institut biblique de Phnom-Penh continue avec un nombre restreint d'étudiants (39). Le pasteur Ly Sithan est le directeur et est aussi enseignant.
  • Les cours TEE (Theological Education by Extension) sont des cours avec un enseignant à temps partiel.
  • Il y a un groupe à Phnom-Penh et un deuxième groupe à Phsa Thmey, près de Battambang, chaque samedi avec 12 élèves.
  • Campus Crusade travaille parmi les étudiants avec comme responsable principal M. Tang Vek Huong.

    Organisations humanitaires

    Il y a 150 organisations qui accomplissent leur mission d'aide à la population khmère et 70 d'entre elles sont des organisations chrétiennes.
    CCS (Service Chrétien pour le Cambodge) : Ce comité a été fondé à Singapour en 1990, suite à la Conférence "Lausanne II" aux Philippines. Son but est de servir d'intermédiaire entre toutes les organisations et dénominations évangéliques qui travaillent actuellement au Cambodge. Chaque année il y a une réunion du Comité Central et tous les deux ans une conférence publique. En 1993, cela a eu lieu à Phnom-Penh, dans les locaux de Global Network. Il y avait des pasteurs cambodgiens aussi bien du pays que de l'étranger, quelques missionnaires qui travaillent avec des organisations humanitaires au Cambodge, les responsables de l'Eglise Khmère et plusieurs chrétiens de Phnom-Penh. Le nouveau Comité directeur a été nommé. Il est formé par des personnes qui travaillent au Cambodge et est élu pour une durée de deux ans.
      * Extrait de “Résurrection” numéro 90, janvier à février 1993

Sujets de prières

    Lors d'une journée nationale de prière et de jeûne pour la Paix au Cambodge, les dirigeants des Eglises au Cambodge ont appelé toutes les églises cambodgiennes dans le monde entier à se joindre à eux dans la prière : "...nous sentons très fort qu'il n'y a pas d'autre solution pour l'instabilité politique du pays.

    Si les chrétiens ne crient pas au Ressuscité, l'avenir du Cambodge sera extrêmement sombre. Actuellement un esprit de peur contrôle le coeur des gens..."
  • Priez pour que les 8 millions de Cambodgiens soient exposés à l'Evangile et que beaucoup acceptent le Seigneur.
  • Priez pour l'unité entre les responsables des églises et pour leur formation.
  • Priez que les portes pour évangéliser le Cambodge restent ouvertes.
  • Priez pour que les chrétiens se pardonnent comme Dieu leur a pardonné en Jésus-Christ.
  • Priez pour l'impression du Nouveau-Testament (version Khmer courant) et sa distribution.
  • Priez pour que Dieu choisisse les hommes du gouvernement.

 
Koeun et Katharina PATH