Quelle Francophonie au troisième millénaire ?
Alors que le sommet
de Moncton, auquel participent tous les chefs d’Etat de nos nations francophones,
se déroule, nous croyons que le destin des nations repose entre
les mains du Seigneur. Combien nous aurions aimé qu’il soit consulté
sur les orientations de nos pays
Nous sommes à une période charnière de l’Histoire
de l’humanité. Un siècle mêlé de grands espoirs
et de désillusions s’achève.
Victor Hugo avait dit “ le dix-neuvième siècle est grand,
le vingtième sera heureux ”. Mais les deux guerres mondiales, la
guerre froide, les multiples génocides et massacres ne lui auront
pas donné raison. La misère se lit partout dans un siècle
qui promettait l’abondance et la liberté.
En Occident, nous avons donné à nos enfants les moyens de
vivre. Mais nous n’avons pu leur fournir les raisons de vivre…Ainsi est
apparue une génération sans espoir, ni repère…
Le modernisme du début du siècle avait foi dans les capacités
humaines. La rationalité était le maître mot et l’objectivité
l’arbitre de tout. Mais les rêves et les espoirs du modernisme n’ont
pas tenu toutes leurs promesses. L’homme n’a pas été capable
de résoudre ses problèmes. La culture du cynisme, de la destruction
et du pessimisme s’est installée.
Les dogmes tout faits des religions ou des idéologies politiques
n’ont pas comblé les cœurs. Les remises en question des valeurs
et des structures ont fini par faire de nombreuses victimes… familles disloquées,
drogue, chômage, menaces écologiques, compétitions
implacables…
“ C’est même d’angoisse qu’il faut parler ” nous dit Francoscopie
1999 à propos des sentiments de la jeunesse aujourd’hui.
Si les jeunes sont fatigués de la perspective de l’impasse, où
est la route ?
Malraux avait dit : “ le vingt et unième siècle sera spirituel
ou ne sera pas ”. Tout nous parle d’un regain de spiritualité et
d’une quête de sens. L’humanisme absolu a atteint ses limites. L’absence
de spiritualité vivante dans nos nations nous fait entrevoir le
danger des sectes et de pratiques “ à la carte ” dans un syncrétisme
confus… Après avoir ridiculisé le religieux au XXème
siècle, nos peuples voudraient ils jouer les apprentis sorciers
au XXIème siècle ?
Frédéric Lenoir écrit dans l’Express que si les églises
officielles vont connaître un déclin, la dimension religieuse
va connaître un nouvel élan. “ 60% des Français
- ceux qui se déclarent actuellement catholiques non pratiquants
ou sans religion – devraient surtout évoluer vers une nouvelle forme
de religiosité flottante, caractérisée par l’humanisme,
le syncrétisme, l’atomisation des croyances et le souci de rester
libre de toute attache. Certains pourront ne pas croire en Dieu, mais aux
anges et en la réincarnation. Dans vingt ans, il est donc fort probable
que les Français seront pour la plupart adeptes d’une sorte de self-service
spirituel où les croyances et les symboles chrétiens tiendront,
certes, toute leur place, mais en dehors de quelque autorité dogmatique
ou normative que ce soit. Et se mêleront à d’autres convictions
et pratiques religieuses, principalement issues du bouddhisme, tels le
karma et la méditation, mais aussi de la tradition ésotérique
occidentale, comme l’astrologie et le spiritisme… ”
Une telle recherche spirituelle montre que nous avons besoin de découvrir
le fond des valeurs qui sous-tendent notre existence. Je ne crois pas que
la fuite vers l’antireligieux nous ait équipé pour faire
face à cela. Il est sûr que nos nations vont faire face à
des défis d’ordre économique, sociaux, médicaux, culturels.
Mais si nous ignorons le fait religieux, nous allons laisser un gouffre
de néant dans le cœur de populations qui risquent les dérapages
sectaires et mystiques.
Afin de réfléchir, prier et se positionner pour ces temps
nouveaux, des délégations venant des nations francophones
vont se retrouver du 25 au 30 Juillet 2000 à Montpellier en France.
Responsables d’œuvres de différentes confessions, hommes d’affaires,
cadres de collectivités locales, régionales ou nationales,
professions de la santé ou de l’éducation, de la communication,
ayant en commun une même conviction : l’Evangile a sa place dans
la construction de l’humanité du troisième millénaire.
Pour l’équipe COEF 5. Philippe Joret.
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